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Article : Et si demain, votre montre remplaçait votre psy ?

le 14 juin 2017

[The Conversation] Les psys ont toujours existé en de nombreuses versions. Empathique ou réservé ; psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychothérapeute ; en consultation individuelle ou en groupe ; avec ou sans médicaments ; pratiquant une seule méthode ou plusieurs parmi les 400 recensées par l’Inserm.

Comme si la situation n’était pas assez compliquée, il faut désormais ajouter aux psys en chair et en os la possibilité de s’offrir un psy virtuel, tenant tout entier dans une montre. Et là, nouveaux dilemmes : il faut choisir entre bracelets cuir ou métal, boîtier rond ou carré, système d’exploitation Android ou iOS, en local ou sur le Cloud, 32 Go de capacité de stockage ou 64…

La smartwatch, la montre intelligente, est le dernier né des objets connectés. Elle réussit à faire fonctionner des applications qui nécessitaient, hier, un smartphone et avant-hier, un ordinateur gros comme une armoire. Or les technologies connectées investissent désormais le champ de la santé, sous le terme générique d’e-santé, et même le champ de la santé mentale. Suffira-t-il, demain, de s’allonger sur son propre divan et de poser sa montre sur la table basse pour que celle-ci nous guide vers le mieux-être psychologique ou même guérisse nos troubles psychiques ?

Fréquence cardiaque, qualité du sommeil

Les objets connectés intègrent désormais toutes sortes d’outils de mesure : des GPS pour la géolocalisation, des accéléromètres et des actimètres (capteurs du mouvement et du déplacement), des microphones, des capteurs physiologiques mesurant la fréquence cardiaque ou la qualité du sommeil.

Ils permettent de connaître la position de l’utilisateur, son activité, ses habitudes ou ses communications. Et d’obtenir des informations sur l’environnement dans lequel il se trouve, par exemple le degré de pollution, le niveau de bruit ou de lumière, les caractéristiques urbaines comme la densité de la population ou le type d’architecture, les services sociaux ou de santé accessibles, les commerces ou les loisirs à proximité.

Minuscules, ces capteurs sont susceptibles de s’intégrer dans de multiples objets du quotidien : lunettes de ski, bandeaux, bracelets, patchs adhésifs, chaussures de sport, balances, pyjamas, vêtements de fitness, brosses à dents, urinoirs, bijoux, lingerie… Des milliers d’applications les intégrant ont déjà été mises au point pour mieux gérer son stress, améliorer son humeur, adopter une alimentation saine, pratiquer davantage d’activité physique ou cesser de fumer.

Plus d’autonomie, plus de pouvoir

L’idée qui sous-tend les pratiques du quantified self (littéralement, la quantification de soi) est que plus les personnes connaîtraient en détail leur physiologie, leurs habitudes quotidiennes, leur génétique, plus ils seraient des acteurs « engagés » prêts à « prendre le contrôle » sur leur santé. Cet idéal d’autonomie psychique et corporelle par le biais de la technologie s’inscrit dans de nouvelles logiques d’empowerment , c’est-à-dire la prise de conscience par les individus de leur capacité d’agir et d’accéder à plus de pouvoir.

Source The Conversation