Vous êtes dans : Accueil > Actualités > E-Santé > Article : Le patient, acteur clé de la santé numérique

Article : Le patient, acteur clé de la santé numérique

le 14 octobre 2016

[Le Mag Numérique] Sixième édition du cycle Hôpital Numérique, la journée se donnait pour objectif d’éclairer « La place du numérique dans la relation Patients / Professionnels de santé ».

Un marché à construire

Laurent Mignon, délégué général de l’association fédératrice des startups de la santé et du bien-être, France eHealthTech, dresse d’abord un portrait sans concession du marché de la e-Santé. Car si l’on observe de plus près les 2,7 milliards d’euros auxquels il est évalué, ils sont pour l’essentiel consommés par les systèmes informatiques et de façon marginale par la télémédecine. Le reste « n’existe pas encore vraiment » . Par contre, l’usage progresse : 65% des médecins utilisent un smartphone dans le cadre professionnel contre 35% en 2012. Mieux, 18% conseillent des applications à leurs patients contre 8% il y a 4 ans. Un mouvement d’autant plus remarquable qu’il est peu encouragé : « quelle part accorde-t-on aux nouvelles technologies dans la formation des médecins ? » . Pourtant, des initiatives émergent un peu partout en France, avec une densité plus forte dans la région de Montpellier.

Bretagne et Pays-de-la-Loire, elles, feraient bien de s’inspirer d’une région cousine : l’Écosse. Car celle-ci a décidé de se positionner comme « moteur de la santé connectée dans l’Union Européenne et au plan mondial » . C’est le point de vue développé par Marie-Anne Omnes, de Scottish Development International. Les points forts de l’Écosse : un bon réseau universitaire, un fort taux d’investissement, une population stable avec une base de données patients à disposition, un cadre juridique qui facilite les tests cliniques, des financements pour les projets… Bref, un cadre ouvert à toutes les initiatives, y compris celles venues de l’étranger.

Le dossier médical partagé : « un rêve »

L’exemple de l’Hôpital à domicile de Cornouaille permet de mesurer le chemin qu’il reste localement à parcourir. Christine Davy, médecin coordonnateur, commence par poser le cadre : un territoire majoritairement rural en Finistère Sud, l’objectif de raccourcir au maximum le séjour en hôpital en dispensant les soins à domicile, la même garantie qu’un hôpital classique de « continuité des soins » , des intervenants qui peuvent être personnel hospitalier ou professionnels libéraux.

Puis Florence Morvan, coordonnatrice du HAD, expose les nombreux besoins à couvrir, le service n’ayant que 6 mois d’existence. Exemple de besoin : « un outil de suivi et de partage de l’évolution des plaies, avec des photos » . Mais le principal problème pour les intervenants multiples reste « l’accès aux données du patient » . Il n’existe pas d’interopérabilité entre les différents systèmes : ni avec les outils des médecins, ni ceux des pharmaciens, ni entre hôpitaux locaux… Au point que pour certains échanges, « on en est encore au fax ! » Le dossier médical partagé (DMP) serait le format fédérateur, si toutefois il était opérationnel : « On rêve d’un DMP qui fonctionne. »

Le patient acteur de sa propre santé

De DMP il sera encore question lors de l’intervention d’Hubert Stéphan, président du CISS Bretagne, un collectif d’associations qui « porte la voix des patients et des usagers de la santé » . Pour celui-ci, « le DMP doit être la pierre angulaire du système » . « Nous voulons partager nos données avec les professionnels, avec d’autres malades, et développer l’auto-évaluation » . À condition toutefois d’en avoir la maîtrise : « Je dois savoir à quoi mes données sont utilisées. » L’autre exigence étant de conserver une relation humaine avec le médecin.

Jean-Jacques Grascoeur, présentait quant à lui le Diabète Lab. Une initiative de la Fédération Française des Diabétiques qui place le patient au cœur du processus d’innovation. Car le diabète est un champ d’expérimentation privilégié en matière de santé connectée, pour alléger les contraintes des malades et donner plus d’autonomie. Mais alors qu’on s’adresse aux associations de patients pour tester un produit, celles-ci préfèreraient « travailler en amont » dans une logique de co-conception. « Les startups peuvent très bien nous contacter, pour travailler avec nous sur leurs produits. »

Source Le Mag Numérique