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Article : Quand votre psychiatre utilise les réseaux sociaux pour vous surveiller

le 14 septembre 2017

Le cas d’une violation de vie privée associée à une tendance suicidaire en 2012 a lancé le débat sur l’éthique, la vie privée et l’interaction entre un médecin ou n’importe quel personnel soignant et ses patients. Et avec un monde de plus en plus connecté, on risque d’avoir des dérives considérables.

En 2012, Keren Lehavot a publié un cas qui examinait les considérations éthiques et la surveillance des patients sur les réseaux sociaux. À cette époque, un homme d’environ 20 ans souffrait de trouble bipolaire, mais qui recevait un soutien d’une clinique de réhabilitation psychiatrique. Le personnel soignant le connaissait depuis l’enfance puisqu’il avait commencé à consulter un personnel psychiatrique après une tentative de suicide pendant l’enfance. Pendant l’adolescence, il avait arrêté ses médicaments ce qui le rendait agressif et violent envers les autres. À l’âge adulte, il a recommencé à prendre ses médicaments et il était suivi par des professionnels de la santé mentale ainsi que quelques membres de sa famille.

Entre la protection contre la tendance suicidaire et le respect de la vie privée

Dans l’année qui a précédé l’étude de cas, le patient a rapporté des idées suicidaires à plusieurs reprises et le personnel soignant, un travailleur social, avait apporté son aide dans la mesure du possible. Pendant cette année, le travailleur social a quitté l’agence et le patient a été assigné à un nouveau membre de la clinique. Quelques mois plus tard, l’ancien travailleur social a contacté le responsable de sa clinique parce qu’il avait reçu une demande d’amis sur Facebook de la part du patient en question. La responsable clinique a regardé le profil du patient sur Facebook et elle a vu des images de cartoons qui indiquaient des tendances suicidaires. La responsable a informé les autres travailleurs sociaux et elle a demandé à l’ancien membre de refuser la demande d’amis pour éviter un contact qui pouvait devenir abusif.

Étant donné que la clinique a surveillé de près ce patient, il a reçu le soutien nécessaire, mais on ne l’avait pas informé qu’on avait visité son profil Facebook pour justifier ce suivi supplémentaire. Le suivi a duré pendant 6 mois et le patient a rapporté des idées suicidaires, mais sans fournir suffisamment d’indices pour un possible passage à l’acte. 6 mois après avoir vu son profil Facebook, la responsable de la clinique a tapé le nom d’un ami sur Facebook et ce nom était le même que celui du patient. La responsable a paniqué, car le profil du patient montrait des images de lui avec une arme à feu sur la tempe ainsi que des lettres de suicide à ses parents. Ayant peur que le patient passe à l’acte, la responsable a contacté le directeur du programme qui a alerté un travailleur social qui se trouvait à proximité du bâtiment du patient. Le travailleur social a contacté la police et cette dernière a forcé le patient à se rendre à l’hôpital . Le patient était furieux et il a demandé comment on avait découvert qu’il avait eu des tendances suicidaires. La responsable de la clinique, qui était sur place, a prétendu que quelqu’un avait vu l’image suicidaire sur son compte Facebook et que cette personne était inquiète pour sa sécurité. Le patient fut satisfait de la réponse en estimant que quelqu’un ait pensé à lui.

Une violation manifeste de la vie privée

Le personnel soignant de l’hôpital a incité le patient à se connecter sur son compte Facehook pour voir les images, mais ce dernier a négligé leur importance, car selon lui, il les avait publiés dans un moment de solitude et de dépression extrême, mais qu’on n’avait pas le droit de le retenir à l’hôpital. Après cette affaire, il n’a pas changé la configuration de ses paramètres de son compte Facebook, mais par la suite, le profil affichait simplement une image innocente de cartoon et toutes les images suicidaires avaient été supprimées. Dans l’étude de cas, la responsable de la clinique estime que ses actions n’ont pas brisé le contrat thérapeutique, mais les faits suggèrent le contraire :

D’un point de vue légal, le responsable n’a pas violé la vie privée du patient. Internet est un domaine public et le profil Facebook était également public . Si on voit quelqu’un qui s’apprête à se jeter du pont, alors on doit intervenir ou contacter l’autorité compétente, mais dans ce cas, c’est un passage à l’acte avéré. Mais si cela se tient d’un point de vue légal, c’est autre chose du point de vue du patient.

Source Houssenia Writing