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Etude : Autoflagellation numérique, un nouveau mal adolescent

le 11 décembre 2017

Une étude américaine montre que de plus en plus de jeunes vivant aux Etats-Unis se trollent eux-mêmes sur internet, dans une démarche comparable à l'automutilation physique.

Août 2013. Le suicide d’Hannah Smith, 13 ans, une adolescente anglaise sans histoire, émeut la planète. Dans un premier temps, elle est présentée comme la victime d’autres jeunes qui la sommaient de mettre fin à ses jours sur Ask.fm, un réseau social majoritairement utilisé par les moins de 18 ans où l’on communique via un système de question/réponse. A une question sur ses problèmes de peau, certains avaient par exemple conseillé de boire «de l’eau de javel» ou d’«attraper un cancer». Des messages cruels qui relancent illico la polémique sur les sites de discussion, le manque de surveillance dont ils bénéficient et la passivité des services de modération censés intervenir en cas de messages à caractère haineux ou de menaces. 

Six mois plus tard, les enquêteurs révèlent que la jeune Hannah s’est «autoflagellée» sur le réseau social: elle interrogeait les internautes et se répondait sous une autre identité, dans une tonalité toujours plus dure et sans pitié. 

Auto-troll

La mort tragique d’Hannah a incité Sameer Hinduja, professeur à l’école de criminologie de l’université Atlantic de Floride, et Justin W. Patchin, professeur de criminologie à l’université Eau Claire du Wisconsin, à lancer une étude auprès de jeunes Américains pour déterminer si cette pratique dite d’automutilation se répand. Un autre cas a poussé Sameer Hinduja à s’intéresser à cette problématique. Un département de police l’a un jour consulté à propos d’un adolescent qui recevait des messages particulièrement violents du type «Tu devrais sauter du toit et te tuer»; «tu es pathétique et tu ne mérites pas d’être en vie»; «si tu ne te tues pas ce soir, je le ferai pour toi». Le chercheur a découvert que le destinataire et l’expéditeur ne constituaient qu’une seule et même personne. 

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