Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Nul n'est censé ignorer > Gouvernement : Un site national pour informer sur l'autisme

Gouvernement : Un site national pour informer sur l'autisme

le 9 décembre 2016

[Les Echos] « Dépasser les préjugés », c'est l'objectif de ce site lancé par le gouvernement. Une association estime que l'argent dépensé pour sa création aurait pu servir à autre chose.

Depuis ce mercredi 30 novembre, les personnes en quête d'informations sur l'autisme ont un site dédié pour se renseigner. Sous la houlette de la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, Ségolène Neuville, et dans le cadre du troisième Plan autisme (2013-2017), le gouvernement a lancé son site dédié : « www.autisme.gouv.fr ».

Parrainé par la comédienne Mathilda May, et doté d'un budget de 300.000 euros, ce site a pour but « d'informer le public sur l'autisme et d'améliorer les connaissances générales sur ce handicap », explique le ministère dans son communiqué de presse. Le site se donne aussi pour objectif de « contribuer à modifier les représentations, casser les préjugés » ou encore « rappeler les recommandations de bonne pratique », en s'appuyant notamment sur « une information objective et validée scientifiquement.

La définition de l'autisme dans une vidéo officielle du ministère

 
Rodolphe Ciulla : Définition de l'autisme par affairessociales-et-sante

Un espace clair et fiable

Inscrit dans « le cadre d'une campagne d'information plus large sur l'autisme », le site est cofinancé par le ministère et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Il a été élaboré avec l'aide d'un comité scientifique, composé d'une quinzaine de membres (chercheurs, médecins et experts), mais aussi d'associations, des Centres de ressources autisme (CRA) et des proches d'autistes. Il contient notamment une foire aux questions, un annuaire et un glossaire.

Ses quatre grandes parties (« qu'est-ce que l'autisme ? », « j'ai des doutes », « le diagnostic », et « vivre avec l'autisme ») sont, explique le ministère, inspirées des recherches les plus fréquentes sur les moteurs de recherche. C'est d'ailleurs aussi internet qui a motivé la création d'un tel outil : « Auparavant, lorsque l'on tapait le mot autisme sur un moteur de recherche, on trouvait pléthore d'informations mais aucun site officiel. On pouvait se sentir un peu perdu », a estimé Ségolène Neuville lors du lancement du site, ce mercredi 30 novembre. Selon elle, il y avait la « nécessité d'un espace avec des informations claires, fiables et validées scientifiquement ».Un coût « indigne »

Pourtant, l'adresse ne renvoie pas vers un site entièrement dédié à l'autisme mais vers un « grand dossier » intégré à « social-sante.gouv.fr », l'adresse du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Par ailleurs si, ce vendredi matin, en tapant le seul mot-clé « autisme », dans le moteur de recherche Google, la première réponse était une annonce publicitaire donc payante renvoyant vers le site du ministère, l'après-midi même ce n'était plus le cas. L'adresse du ministère n'apparaissait même plus dans la première page des résultats, Google ne renvoyant que vers des sites d'associations.

De même, en tapant « autisme+ministère+santé », la première recherche renvoyant vers une adresse social-sante.gouv.fr mène à une "Erreur 404", les fameuses pages inaccessibles. Ce n'est que le deuxième lien qui renvoie vers la bonne adresse. Pour accéder directement au site, il faut donc taper directement l'adresse dans la barre dédiée du navigateur : « www.autisme.gouv.fr ». Difficile dans ces conditions de répondre aux attentes de la secrétaire d'Etat d'offrir tout de suite une réponse officielle.

Alors : site mis en ligne trop tôt ou simples petits problèmes techniques ? A l'heure d'écrire ces lignes, le ministère n'avait pas encore eu le temps de répondre aux « Echos ». Pour les associations SOS autisme France et Vaincre l'autisme, dans les deux cas, le « coût du site indigne ». « Les familles d'enfants autistes ont aujourd'hui besoin d'une prise en charge adaptée gratuite, d'une intégration scolaire et sociale ainsi que d'AVS (auxiliaire de vie scolaire, NDLR) formées et titularisées », explique-t-elle dans un communiqué. Plutôt que d'un site « qui se contente de donner des informations déjà présentes sur la plupart des sites associatifs ».

Consulter le dossier de presse

Source Les Echos