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Article : Dépression, le rôle difficile des proches

le 19 octobre 2017

La dépression ne touche pas seulement le malade, mais également ses proches, qui ne sont souvent pas bien armés face à cette pathologie mentale.

«Au début de la maladie de ma mère, je n’ai pas osé en parler», explique Nadège Landreau, dont la mère est dépressive depuis le décès de son mari en 2011. «Et quand on n’en parle pas, on s’enfonce dans la solitude, ce n’est pas évident.»

«Dans le cas de dépressions qui durent longtemps, nous voyons des proches qui sont épuisés par la maladie», confirme le Dr Olivier Doumy, psychiatre à l’hôpital Charles Perrens de Bordeaux et au centre expert des dépressions résistantes de la Fondation FondaMental.

Un trouble mal compris

Car la dépression est encore un trouble très mal compris. Si les symptômes sont bien identifiés, les facteurs de risque et les causes sont toujours incertains. L’Association américaine de psychiatrie (DSM-5, en anglais) recense neuf symptômes de la dépression dont une tristesse quasi-permanente et un sentiment de dévalorisation. Entre 5 et 8 symptômes, la dépression est considérée comme «modérée», au-delà, elle est jugée «sévère». Les formes «plus difficiles à traiter», selon le Dr Olivier Doumy, sont les dépressions résistantes ou chroniques.

«Cette incompréhension de la maladie entraîne de la culpabilité chez chacun des membres d’une famille. Les proches se questionnent: sont-ils responsables? Pis, sont-ils responsables du fait que leur proche ne sorte pas de cette souffrance?» explique le Dr Olivier Doumy. Delphine*, dont la mère est également touchée par la dépression, explique s’être toujours sentie «impuissante. Face à ma mère, je ne peux rien faire.»

Stigmatisation et rejet

De plus, «les malades et leur famille se stigmatisent. Car si la maladie somatique - avec des symptômes - est acceptée par la société, c’est beaucoup moins le cas de la maladie mentale», souligne Béatrice Borrel, présidente de l’association «Union nationale de familles et amis de personnes maladies et/ou handicapées psychiques» (Unafam).

Ces proches se sont parfois sentis oubliés par le milieu médical: «Les psychiatres se sont toujours attaqués au noyau du problème, c’est-à-dire ma mère. Mais ils ne pensaient pas à ceux qui gravitaient autour, comme mon père, mes frères ou moi-même», relate Delphine. Le Dr Olivier Doumy tempère: «On laisse désormais davantage de place à la famille. Nous sommes passés d’une époque où elle était exclue à une meilleure inclusion des proches.»

Source Le Figaro