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Article : La banalisation de la maladie mentale, c'est juste dans la tête

le 31 octobre 2016

[L’étudiant Outaouais] Dans la vie de tous les jours, on entend une grande variété d’expressions qui démontrent à quel point notre langage évolue et diffère. Certaines de ces manifestations culturelles sont positives. Cependant, d’autres telles que l’usage banalisé de la maladie mentale dans nos expressions de tous les jours sont très dangereuses.

Bien sûr, ce problème social est une pensée commune qui provient de préjugés sur les gens qui luttent avec leur santé mentale profondément ancrée dans la société, mais la propagation de cette manière de penser pourrait entraîner des  répercussions néfastes sur la santé générale de la population. Il est donc vital d’informer et de sensibiliser celle-ci dans le but d’éliminer la banalisation des problèmes mentaux, puisque ces difficultés touchent tout le monde et affectent gravement les personnes qui vivent avec leur maladie mentale.

Le fait de banaliser la maladie mentale consiste à croire et à partager que les problèmes psychologiques sont peu importants et facilement traitables. Par exemple, des phrases comme: «Arrête d’être aussi stressé», à l’égard d’une personne qui a de l’anxiété, ou encore: «Elle est tellement bipolaire», en discutant d’une personne qui se fâche facilement, sont considérés comme de la banalisation, puisqu’elles insinuent que les maladies visées sont insignifiantes et faciles à surmonter tout en invalidant l’expérience des personnes réellement atteintes.

Il faut comprendre que la maladie mentale affectera directement ou indirectement tout le monde à un certain point dans leur vie. Certains sont peut-être tentés d’opposer la sensibilité face aux personnes luttant avec des problèmes psychologiques sous prétexte de ne pas être affectés par ceux-ci, mais la réalité est complètement différente. En effet, sans commenter le manque d’empathie évoqué par ce commentaire, on considère qu’approximativement 20% de la population canadienne et 10 à 20% des jeunes canadiens feront l’expérience de la maladie mentale au cours de leur vie. Il est donc certain que l’un de vos proches en sera atteint à un certain moment dans leur vie. Même si vous réussissez à conserver une santé mentale intacte au cours de votre existence, ce pourrait être votre partenaire, votre ami, ou même votre enfant qui est touché. D’autres chiffres montrent que d’ici 2020, la principale cause de décès sera la dépression et que même aujourd’hui, le suicide relié à la maladie mentale est l’une des causes principales de mort au Canada. Face à ces faits, il nous paraît clair que les troubles psychiatriques sont un problème dangereux et il est normal d’avoir peur face à ceux-ci. Cependant, le fait de traiter ces problèmes avec sérieux assure un futur plus agréable pour vous, vos amis et votre famille.

Ensuite, l’emploi de la banalisation en se référant à la maladie mentale a un impact considérable sur les personnes concernées. Lorsqu’on entend des phrases telles que «Elle est tellement TOC», en parlant d’une personne organisée, ou encore «Fait juste être heureux», lorsqu’on combat la dépression, il est facile de tomber dans le cercle vicieux de la détérioration psychologique.  Encore une fois, les statistiques appuient ces sentiments. Effectivement, près de la moitié (49%) des personnes qui vivent avec la dépression et l’anxiété n’ont jamais recherché de l’aide par peur d’être jugés par leur entourage.

 Est-ce si surprenant lorsqu’on entend constamment: «c’est juste dans ta tête», lorsqu’une personne se confie sur ses problèmes mentaux? La triste vérité est que suite à des situations comme celle-ci, la personne touchée va rarement corriger ou éduquer l’autre, soit par peur de stigmatisation ou encore parce que ces idées préconçues sont déjà profondément enracinées dans sa tête. Cette idéologie qui présente les troubles mentaux comme quelque chose de trivial devient également un obstacle important lors de la thérapie psychologique. En effet, la tendance de la société à rejeter l’importance de la santé mentale empêche les individus qui recherchent de l’aide de bien se faire diagnostiquer et traiter, mais aussi d’être acceptés dans la communauté.

Source L’étudiant Outaouais