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Article : La commission "Psy, soins et accueil" de Nuit Debout, une expérience intime et politique

le 23 janvier 2017

[Blog Comme des Fous] Nous sommes en mars 2016, sous un état d’urgence permanent ; après des débats à faire tourner la tête sur la déchéance de nationalité, un gouvernement « socialiste » propose un projet de loi remettant en cause de façon inédite les droits des travailleurs. La lutte dans la rue dure depuis un mois mais la contestation est plus profonde.

Un mouvement d’émancipation de grande ampleur qui remettrait en cause, au-delà de la loi El Khomri, le monde dans lequel elle s’inscrit, se prépare. Le 31 mars, après une nouvelle manifestation contre la « loi travail », un slogan est lancé : « On ne rentre pas chez nous ! ». Nuit Debout est née, ouvrant un espace de débat et de décision, avec la volonté de faire converger l’ensemble des luttes sociales et que la parole et le pouvoir politique soient repris par la société civile.

Convergence des luttes, critique du capitalisme et des institutions politiques, projet de transformation global de la société : un espace s’ouvre, sur la place publique. L’évidence vient que les « questions psy » y soient représentées. Face au constat de la dégradation de notre champ, de ses pratiques, et des directives néolibérales qui les affectent.

Ce constat, c’est celui des contentions qui ne cessent d’augmenter, de la surmédicalisation qui devient la règle, de la réduction de la pathologie psychique à une conception neurobiologique ; avec elle, l’inflation de pratiques normalisantes et de logiques de rentabilité. C’est celui des politiques de santé qui mènent à la destruction du secteur public, éloignant du soin les personnes les plus fragiles, participant à un processus toujours plus marqué de leur précarisation, de leur exclusion et de leur enfermement. C’est celui de la gestion managériale des pratiques soignantes, les orientant vers des pratiques toujours plus quantifiables et évaluables, contraires à la spécificité de la psychiatrie. C’est celui de la création des GHT (Groupements Hospitaliers de Territoire), instaurés par la nouvelle « loi santé » ; ces machines bureaucratiques visant la réduction des coûts et menaçant le secteur psychiatrique, contre lesquels nous lutterons.

Face à ces constats, sur la place et ailleurs, il s’est agit pour nous de défendre une éthique de la rencontre et de l’accueil du singulier. De défendre en acte, au quotidien, des pratiques humaines, singulières, émancipatrices et créatives !

Des assemblées générales hebdomadaires se sont tenues. Des débats à ciel ouvert, sur la place de la République, autour de la psychiatrie et de ses pratiques, hors de ses murs et de ses statuts. Lieu également d’organisation et de délibération, pour que le fonctionnement de la commission soit perpétuellement remis en question, qu’il reste démocratique et toujours en mouvement.

Et puis les permanences du soir, notre présence régulière, comme autant de moments d’échange, de circulation et de rencontre, pour un accueil au singulier.

C’est de cette expérience politique, intime et collective dont nous voudrions rendre compte par ces fragments. Témoignage de l’hétérogénéité des militants et des passants qui ont croisé le chemin de cette commission.

« Commençons par Jupiter.. »

Il est une virgule qui en dit long : to be or not , …

Ce premier mai 2016..un dimanche… la torpeur du (j)eudi (+4), cela frémissait, j’étais prévenue… où causant du Monde, lui imprimerais-je ma minute?

Question… la simultanéité du dire et du faire. L’ancrage… il me précipitait au centre du désordre.

Une entropie inattendue mais si familière… et suivant la trajectoire de probabilités aux contours toujours mystérieux… il cheminait… le co-errant.

A mesure..de la frontière… le reste tu, parce que…

D’en affronter le siècle alors que d’une mémoire millénaire et insaisissable-à-la-meute j’en bricolais l’épaisseur fractale et narrative. Bizarreries.

Enfin!

La clameur prenait valeur de trace , moquant le babil arithmétique d’un quotidien étranger au mien -celui là qui brisait les codes – menant de pitié mes lettres de feu et de sang abomination de tout silence-juste… et l’attente pour mieux voir, de ces doux-leurres nous croupissant jusque la tombe.

Mon langage transitif d’écrire m’offrait cela-dernier comme vinyle autopoïétique tournant sur l’indécent du tourment ,de l’artère sectionnée d’un-Toi : l ‘Autre-brisé-sur-le-champ-de-bataille, Toi le ré-agencé, l’ire et le dénudé, Toi le cerné mais résistant et frondeur de l’engeance obscène, du troupier… son comique bêlant d’une HD aux commentaires menteurs.

Les ravines négociées et leurs nuits aux longs couteaux affûtées en l’Homme : de cela je sais la manière, les exploitants, la philharmonique déviante et les petites misères.

Concentrationnaire jamais loin…

Refus.

J’entendais les voix de sons meurtris, dé-territorialisés pour sourdre d’avec les mortifiés de la mémoire… qu’un pouvoir sournois et compère muselait vers le Pire, cette itérabilité d’un ordinaire que l’on croise au hasard du Saigneur si policé..auprès-gardé des ministères…

Le Temps des cerises sifflé d’un Paris valeureux en écho à la goule des blindés de toute figure!

République devenait une évidence.

Source Blog Comme des Fous