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Article : Le point de vue de Papageno sur une ligne dédiée à la prévention du suicide

le 22 février 2018

Voilà maintenant trois ans que le programme Papageno porte l’idée d’une communication mise au service de la prévention du suicide. Trois ans qu’il travaille avec ses partenaires journalistes, acteurs de la prévention, membres des institutions et contributeurs du web à substituer la promotion de l’aide et du soin au risque de contagion suicidaire. 

Trois ans qu’il milite pour que chaque surgissement du suicide dans l’espace médiatique, institutionnel ou publique soit l’occasion de diffuser les ressources d’aide disponibles, mais aussi et surtout pour sertir ces ressources des éléments de communication dont on sait qu’ils inciteront le récepteur vulnérable à y avoir recours.

Oui mais voilà : de quelles ressources d’aide parle-t-on ? Comme un point de butée, la question nous revenait de façon lancinante, sans que jamais notre réponse n’ait été jugée tout à fait satisfaisante. Un fois convaincus de leur responsabilité dans la prévention du suicide, les journalistes, les bloggeurs, les chefs d’établissement nous demandaient, de façon quasi-systématique : « D’accord, mais quel est ce numéro que vous me demandez d’afficher dans mon article ? » « Quel est ce contact que je peux diffuser dans mon blog ? » « À qui les membres de mon institution peuvent-ils se référer en cas de détresse ? ».

Assumant un positionnement clair quant à la nécessité d’une prise en charge sanitaire en cas de risque suicidaire, nous proposions d’orienter vers le médecin traitant, et, en cas d’urgence, vers le 15. Mais, ce faisant, nous oblitérions dans le même mouvement la diversité des besoins d’aide auxquels sont aux prises les populations en souffrance et la gamme des offres d’accompagnement aujourd’hui mobilisables.

(...)

Au-delà la mise en place de dispositifs de soin et d’accompagnement, nous soutenons que le nouveau défi de la suicidologie française est à mener une réflexion rigoureuse et appliquée sur les solutions d’accès et de maintien du lien à ces dispositifs. Une telle réflexion ne peut être envisagée qu’adossée à un solide référentiel théorico-clinique, et appuyée sur des constats épidémiologiques tangibles. En particulier, la prise en compte de la complexité et du caractère dynamique des processus psychologiques sous-tendant la cherche d’aide infléchirait de facto  les principes stratégiques à adopter. En particulier, elle imposerait de distinguer, dans le déploiement de toute politique de prévention ciblée1, deux niveaux interdépendants mais non tout à fait superposables :

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