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Article : Les tendances suicidaires difficiles à identifier chez certaines personnes autistes

le 24 novembre 2017

Après l'article d'Amélie Tsaag Varlen "Mortalité précoce des personnes autistes" et les résultats d'enquête sur le suicide : "Risques de suicide chez les personnes autistes", traduction par PY d'un article de SpectrumNews. En annexe, les conseils d'un blog d'Autisme Speaks et une recherche sur la prévention de la récidive au CHRU de Brest.

L'an dernier, j'ai rencontré un jeune homme autiste qui a participé à une étude dans mon laboratoire. Il ne répondait pas aux critères de dépression, personne dans mon équipe n'aurait pu deviner, compte tenu de nos interactions avec lui, qu'il pensait mettre fin à ses jours. Mais dans le cadre de notre protocole de recherche, nous lui avons demandé directement s'il pensait au suicide. Ce n’est qu’alors que nous avons appris qu'il avait tenté de mettre fin à sa vie.

Plus tard dans l’entretien, il nous a dit que s'il n'atteignait pas un certain objectif de carrière hautement irréaliste, dans un laps de temps donné, il avait l'intention de se suicider. Il l'a répété souvent, parfois directement, parfois presque défensivement, comme s'il nous mettait au défi de le dissuader.

Après avoir passé une journée avec lui, je décrirais cet homme comme étant en colère, frustré et déprimé. Mais rien de tout cela n'a été apparent au cours de ses premières heures avec nous. Je doute que cela aurait été évident au cours d'un bref entretien de routine pour le suicide.

Ces expériences et d'autres m'ont amené à conclure que pour dépister efficacement le suicide chez les personnes autistes, nous devons apprendre à poser des questions qui mènent à de vraies réponses.

Les statistiques sur le suicide chez les personnes atteintes d'autisme sont stupéfiantes : jusqu'à la moitié des adultes affectés ont songé à mettre fin à leurs jours, un taux deux à trois fois plus élevé que dans la population générale.

Les adultes nouvellement diagnostiqués sont particulièrement à risque, après des décennies passées à se sentir atypiques sans savoir pourquoi. Les taux de tentatives de suicide et de décès sont également élevés chez les individus dans le spectre.

Dans la population générale, on pense souvent que le suicide va de pair avec la dépression. Bien que la dépression apparaisse comme le principal précurseur du suicide chez les personnes autistes, il est de plus en plus évident qu'une proportion importante des personnes qui envisagent de se suicider ne répondraient pas aux critères de la dépression.

Source Mediapart