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Entretien : Dans l'accompagnement des collégiens de Millas, "C'est la personne la plus repliée qui sera la plus à surveiller"

le 18 décembre 2017

Christian Navarre, psychiatre, était l'invité de franceinfo vendredi pour détailler la prise en charge de l'entourage des victimes après la collision mortelle entre un TER et un car scolaire jeudi à Millas, dans les Pyrénées-Orientales.

Après la collision mortelle entre un car scolaire et un train, jeudi 14 décembre à Millas (Pyrénées-Orientales), les élèves du collège Christian-Bourquin, où étaient scolarisées les victimes, ont été pris en charge par une cellule médico-psychologique. Christian Navarre, psychiatre, responsable de la cellule d'urgence médico-psychologique de Haute-Normandie, a estimé sur franceinfo que "c'est la personne la plus repliée qui sera la plus à surveiller"  dans l'accompagnement des adolescents.

franceinfo : Quelles sont les priorités dans des cas comme ceux-là ?

Christian Navarre : Il y a cette phase de choc, une confrontation brutale au réel de la mort, avec une effraction dans notre illusion d'immortalité. Tout s'est écroulé en quelques instants. Dans ces moments-là, c'est une phase de stupeur, il faut accompagner, être présent, avec une façon bienveillante d'apporter un soutien, même si nous n'avons évidemment pas des solutions toujours pratiques. Il faut permettre aux gens d'exprimer leurs émotions, de verbaliser, même de pleurer. Les gens qui s'effondrent, c'est une façon aussi de libérer leur angoisse. Peu à peu, il faut les remettre dans la réalité, puisque l'objectif est de reprendre une vie normale. Avec, bien sûr, un suivi pour les personnes les plus traumatisées. Ce sas pour se reconstruire leur permet d'acquérir une résilience. Il faut bien mettre à part les personnes qui ont perdu un enfant : là le système de deuil n'est pas tout à fait la même chose. Perdre un enfant est extrêmement dramatique et ce n'est pas la même prise en charge sur le long terme.

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