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Entretien : "En Afrique, les malades mentaux meurent dans l’indifférence générale"

le 11 décembre 2017

Enchaînement, maltraitance, abandon... Le psychiatre Pierre Sans appelle les Etats à leurs responsabilités dans la prise en charge des pathologies psychiatriques.

Même si la situation des malades mentaux tend à s’améliorer dans certains pays comme le Ghana, où, selon l’ONG, « le gouvernement devrait financer de manière adéquate les services de santé mentale pour mettre fin à la pratique de l’enchaînement » , il n’y a souvent pas – ou très peu – de structures pour les accueillir.

Pierre Sans, psychiatre à la retraite, a exercé en libéral et dans le service public, notamment à l’hôpital Saint-Jacques de Nantes et dans les hôpitaux de Rodez et de Carcassonne. En tant que psychiatre bénévole, il a effectué plusieurs séjours en Afrique (Bénin, Madagascar…) et a publié en 2016 ses mémoires de médecin dans Chroniques d’un psychiatre libertaire  (éd. CSIPP).

Comment sont perçus les malades mentaux dans les pays où vous avez travaillé ?

Pierre Sans : Il faut regarder la réalité en face : personne ne s’occupe d’eux et ils vivent dans des conditions souvent épouvantables. En fait, personne ne se sent réellement concerné par leur sort, et certainement pas les autorités. Un haut responsable politique ou économique avec un enfant autiste ou un frère schizophrène trouvera toujours des moyens suffisants pour le faire soigner à Paris ou à Londres. Mais dans le reste de la population, les malades mentaux crèvent dans l’indifférence générale. Tant que le malade ne dérange personne, on lui fiche la paix et on le tolère. Mais dès qu’il commence à être agité, à faire du scandale ou à devenir agressif pour lui-même ou pour autrui, on le boucle dans une cave et parfois on l’enchaîne.

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