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Le Monde : La stimulation magnétique transcrânienne en France

le 8 juin 2017

[Le Monde] Développée depuis le milieu des années 1980, la stimulation magnétique transcrânienne répétée (en anglais : Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation , rTMS) est une technique de neurostimulation non invasive. Elle consiste, par l’intermédiaire d’un champ magnétique ­appliqué à la surface du scalp, à moduler l’activité des neurones et d’un ensemble de réseaux cérébraux connectés avec la zone initialement stimulée.

Selon le type de stimulation, le fonctionnement de certaines régions du cerveau va être soit activé, soit inhibé, et c’est cette modulation temporaire qui va avoir un impact thérapeutique dans un grand nombre de maladies qui mettent en jeu le système nerveux central.

Les indications sont en effet nombreuses dans le champ de la psychiatrie (principalement, la dépression et certains symptômes de la schizophrénie) et de la neurologie (principalement, les douleurs neuropathiques chroniques). Les données scientifiques sont désormais robustes, et plusieurs conférences de consensus et recommandations ­internationales convergent pour reconnaître les indications validées (dépression, douleur) et celles qui nécessitent encore des développements et des ­recherches ; définir les précautions d’emploi du traitement et le cadre réglementaire dans lequel il doit être utilisé.

Retard français

Alors que les autorités sanitaires de nombreux pays (Canada, Israël, Nouvelle-Zélande, Australie, Etats-Unis, Tchéquie, Finlande, Allemagne) ont validé la rTMS comme outil thérapeutique, ce qui permet d’encadrer tant la pratique que la valorisation de cette activité au sein des établissements de santé, ce n’est toujours pas le cas en France.

Pourtant, la rTMS s’y est largement développée au cours des dix dernières années en pratique clinique, notamment pour le traitement de la dépression et des douleurs (environ 40 centres proposent cette thérapeutique dans la ­dépression résistante). Dans le cadre de la psychiatrie, une équipe nantaise a ­récemment publié deux études, l’une évaluant le coût de production d’une cure de rTMS dans la dépression (environ 2 000 euros), et l’autre proposant des pistes de remboursement de ce soin devenu indispensable(Revue d’épidémiologie et de santé publique , juin 2017). Le développement de la rTMS en pratique clinique répond à une double ­nécessité : proposer des solutions thérapeutiques adaptées à chaque malade, mais aussi des soins avec un très faible niveau de risque d’effets indésirables.

Source Le Monde