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Post de Blog : Ces patients frappés d’amnésie après un stress intense

le 17 novembre 2017

Les films d’action et d’aventure, de même que les séries TV, raffolent de ce genre de scénario : une personne, souvent retrouvée errante, a oublié un pan entier de son passé, jusqu’à parfois ne plus savoir qui elle est. Les spécialistes parlent d’amnésie dissociative (anciennement dénommée amnésie psychogène).

Ce trouble de la mémoire survient dans un contexte de traumatisme psychique, mais pas toujours. Il ne s’accompagne d’aucune anomalie à l’imagerie cérébrale (scanner, IRM). L’amnésie est rétrograde en ce sens que la personne est subitement incapable de se souvenir d’expériences, d’évènements ou de situations qu’elle a personnellement vécus antérieurement au traumatisme psychique. L’amnésie dissociative est donc caractérisée par un blocage soudain de la récupération de souvenirs autobiographiques ayant précédé un traumatisme psychologique qui n’est pas toujours connu.

Il est très rare qu’une série de cas d’amnésie dissociative soit publiée dans la littérature médicale. Une étude, parue en septembre 2017 dans la revue Brain , fait état de 53 cas examinés entre 1990 et 2008 au St Thomas’s Hospital de Londres par le Pr Michael Koperman et ses collègues. Il aura donc fallu près de vingt ans pour cumuler ces cas. On comptait trois hommes pour une femme.

Ces médecins ont analysé les différentes expressions de ce trouble de la mémoire, exploré son association avec certaines caractéristiques cliniques et psychosociales, et précisé le pronostic de ces patients amnésiques.

Fugue dissociative

La première catégorie est composée de personnes ayant présenté une fugue « dissociative ». Elles ont erré dans la rue, « sans bagage », ne sachant pas où elles se trouvaient, ni pourquoi elles étaient là. L’une d’elles avaient parcouru près de 650 km durant 7 heures, entre Londres à Glasgow, un trajet dont elle n’avait aucun souvenir. Parmi les 16 cas rapportés, 14 avaient également perdu leur identité. La mémoire est dans tous les cas revenue dans un délai de 4 semaines, souvent au bout de quelques heures ou quelques jours. Lors de la fugue dissociative, l’amnésie englobe la totalité de la vie de la personne. Après récupération, le patient présente néanmoins une amnésie résiduelle (de 2 heures à 21 jours) couvrant uniquement la période de la fugue. Les patients fugueurs (âge moyen : 48 ans), admis au St Thomas’ Hospital, avaient souvent été retrouvés par la police dans les parcs du centre de Londres ou dans des gares après avoir voyagé.

Les auteurs décrivent le cas d’un homme de 26 ans porté disparu et retrouvé par la police errant dans un parc de Londres. Il ne savait pas qui il était, où il était et ce qu’il faisait là. Les policiers trouvèrent son adresse dans son sac. Ramené dans sa famille, il ne reconnaissait pas ses proches. Lors de son hospitalisation, les médecins apprirent que leur patient avait de sérieux problèmes d’argent, notamment des dettes de loyer, et devait également s’occuper de sa mère malade.

Source Blog Réalités Biomédicales