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Témoignage : Grossophobie, "Nous les gens gros on porte notre souffrance sur nous"

le 8 juin 2018

Fondatrices du collectif Gras politique, Daria Marx et Eva Perez-Bello publient un livre sur les humiliations dont sont victimes les personnes obèses au quotidien. Elles racontent à «Libé» leur combat pour que la société cesse de les mépriser, voire de les nier.

C’est la boulangère qui demande : «Vous êtes sûre de vouloir ce croissant ?»  Ou le quidam non sollicité qui gratifie de ses conseils nutritionnels. Les «grosse vache»  et autres douceurs balancées sans ménagement… Autant d’agressions qui ne sont que la partie émergée d’une discrimination souvent banalisée, voire niée : la grossophobie. Avec Gros n’est pas un gros mot : chroniques d’une discrimination ordinaire  (1), Daria Marx, 37 ans, et Eva Perez-Bello, 32 ans, cofondatrices en 2016 du collectif antigrossophobie, féministe et queer Gras politique, espèrent faire la peau à cet «ensemble d’attitudes hostiles et discriminantes à l’égard des personnes en surpoids».  Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 15 % des adultes français sont obèses. Mêlant témoignages et données scientifiques, économiques et sociologiques, l’ouvrage envoie bouler les périphrases politiquement correctes : oui, elles sont grosses. Mais non, elles ne diront pas combien elles pèsent, même si la question leur est systématiquement posée. Après tout, qu’est-ce qu’un chiffre change à leur discours, aux oppressions qu’elles dénoncent ? Aux égouts, aussi, les clichés et autres idées reçues : non, les gros ne sont ni paresseux, ni malodorants, ni obsédés par les burgers, ni meilleurs au lit, ni plus drôles que les autres…

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