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Témoignage : Ma mère et moi avons traité notre anxiété par l’hypnose

le 14 septembre 2017

Alors que nous éprouvons du stress de manière individuelle, certains soucis nous affligent mutuellement.

Je traverse l'autoroute du South Jersey, à l'heure de pointe, et, pour la première fois, ma mère me raconte qu'elle me croyait possédée par le diable quand j'étais bébé. Cela vient s'ajouter à la longue liste des inquiétudes irrationnelles qui la tourmentent depuis vingt-cinq ans. (Parmi lesquelles la peur d'être infectée par une bactérie mangeuse de chair, ou d'arriver au boulot plus tard que le mec de la compta.) Elle ne sait pas pourquoi, mais ces peurs sans objet la rongent.

Ma mère, que j'appellerai Daria, me parle du moment où elle est devenue anxieuse, et m'explique qu'elle se sent en partie responsable de ma prédisposition à la nervosité. Nous sommes en route pour notre toute première séance d'hypnose conjointe qui, nous l'espérons, nous débarrassera de notre anxiété – un stress qui me pousse à me demander s'il s'agit d'un comportement dont j'ai hérité ou que l'on m'a inculqué.

La plupart du temps, l'hypnose évoque l'image d'une personne dans un état de transe si profond qu'elle finit par glousser comme un poulet sur un bateau de croisière devant un public de retraités au visage bouffi et rougi. Cette pratique est pourtant devenue une forme de traitement fiable pour soulager la douleur et modifier le comportement. Durant la guerre de Sécession, les médecins pratiquaient l'hypnose sur les soldats avant de les amputer. Plus récemment, les facultés de psychologie ont intégré l'hypnose dans leur programme. L'université d'État de Washington l'avait déjà fait en 1984, qualifiant la pratique d'« outil médical des plus polyvalents et utiles pour la santé, tant physique que mentale ».

L'hypnose se présente sous des formes variées. Le terme « hypnothérapie » est ambigu pour les praticiens ; la National Guild of Hypnotists recommande de ne pas l'employer à moins d'être un professionnel de santé habilité, étant donné que le terme « thérapie » sous-entend que le patient va faire l'objet d'un traitement psychothérapeutique. Dans de nombreux États américains, l'hypnose demeure un domaine non régulé ; d'autres, au contraire, comme le Colorado, exigent que les hypnotiseurs obtiennent une certification et passent un examen. Dans le New Jersey, les hypnotiseurs n'ont pas besoin de certification du moment que leur pratique se limite à accroître la motivation chez les patients, à les débarrasser de leurs mauvaises habitudes comme le tabagisme, ou à les soulager d'un stress « qui n'a pas trait à un trouble de santé mentale ».

« D'expérience, je sais que les personnes les plus réceptives à l'hypnose sont celles qui ont déjà bénéficié de thérapie ou de conseils », déclare Steve Roh, hypnotiseur en chef au Center City Hypnosis, à Philadelphie. « Avec l'hypnose, on travaille le subconscient. » En d'autres termes, l'hypnose peut être utilisée de manière à gérer des mauvais comportements après qu'ils ont été abordés consciemment. En ce qui nous concerne, il s'agit là d'une mauvaise nouvelle – l'hypnose est la seule forme d'aide professionnelle pour laquelle ma mère a manifesté un intérêt. Steve Roh se montre par ailleurs sceptique quant au fait que Daria et moi voulons nous faire hypnotiser ensemble. Personne ne souhaite vraiment évoquer des traumatismes passés devant sa mère. « En présence d'une tierce personne que vous connaissez, certaines de ces techniques trouvent leurs limites, explique-t-il. Ça vous met dans une position difficile. »

Cela ne semble pourtant pas déranger notre future hypnotiseuse, Barbara. Praticienne reconnue par la National Guild of Hypnotists et enseignante qualifiée en hypnose, Barbara Angelo a constaté qu'un niveau de stress généralisé est à l'origine de la plupart des différentes phobies et habitudes de ses patients. Lorsque vous faites part d'un sujet de préoccupation, comme la peur en avion, vous découvrez souvent une couche d'anxiété sous-jacente, explique-t-elle.

Source Vice