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Témoignage : Notre santé mentale est un appel au changement

le 1 mars 2017

[Blog L'Express] Dé-stigmatiser, casser les barrières qui nous divisent, déchirer les étiquettes, encore et encore, sans jamais s’arrêter, pour qu’un jour toutes nos différences se complètent, nous enrichissent, et cela pour tendre vers l’unité…

Prenons la bipolarité par exemple. Le diagnostique bipolaire a été utile pour prendre conscience d’un trouble et mettre en oeuvre les moyens pour le soigner. Mais comme toutes les autres étiquettes psy (schizo, dépressif, borderline, phobique, autiste, etc), maintenant ça suffit, cette approche a fait son temps, il faut évoluer!!

En tant que diagnostiqué bipolaire, j’ai rencontré d’autres personnes de ce ghetto là, j’ai même organisé régulièrement des rencontres depuis 2014. Je me suis aperçu que au delà des périodes de crises que l’on partage, il y a quelque chose de plus subtil qui nous rassemble, quelque chose qui n’a rien d’une maladie. Cette chose est une fragilité, une hypersensibilité qui nous est commune.

Alors j’ai continué à développer des rencontres mais cette fois entre « hypersensibles ». Tout un tas d’autres personnes aux étiquettes psy différentes se sont senties concernées et de multiples liens se sont créés naturellement autour de ce point commun plus profondément ancré qui est l’hypersensibilité.

Avec des participants devenus amis on a créé l’association des hypersensibles. Et là, encore d’autres nouvelles personnes sont venus aux rencontres et tout un tas de gens sans diagnostique psy, sans pathologies, mais qui se sentent comprises dans les échanges qui sont devenus de plus en plus régulier à Paris. Certes, ces personnes souffrent « moins » de leur hypersensibilité mais partage tout de même cette fragilité qui a peut être été plus protégé, préservé que ceux qui, comme moi, ont été plus affecté jusqu’à connaître la psychiatrie.

Ce que je veux dire par là c’est qu’aujourd’hui, les personnes qui ont un léger ou lourd trouble psychique sont systématiquement mis dans des cases. Ironie du sort, il y en a qui n’ont pas de case et qui souffrent de ne pas en trouver.

Ainsi, il y a tout un florilège de structures, d’organisations, d’associations spécialisées dans un seul trouble ou caractéristique engendré par l’hypersensibilité.

Cette ère est révolu!

Les personnes souffrantes de leur hypersensibilité ne sont que les témoins des maux de la société. Car l’hypersensibilité en elle même n’est pas une faiblesse, c’est la confrontation de notre fragilité avec notre système qui créé un conflit en nous. C’est cela le point commun des personnes qui participent aux rencontres entre hypersensibles proposées par l’association des hypersensibles . Et de plus en plus de personnes prennent conscience que ce n’est pas tant eux qui sont responsables de leurs souffrances, mais plutôt les maux de notre société : le culte du corps, la beauté normée, la compétition, la consommation sans fin, la possession matérielle vendue comme le bonheur, bref, cela sert de moins en moins de dresser les défauts de notre système, les nouvelles générations en ont conscience.

J’appelle aux structures existantes de la santé mentale, de s’ouvrir à ce renouveau qu’incarne par exemple à petite échelle l’association des hypersensibles. Petite échelle qui grandit exponentiellement.

J’appelle aux personnes incarnant le système actuel de ne pas résister aux changements qui s’opère déjà à travers d’innombrables actions, des nouveaux modèles économiques, écologiques, de vivre-ensemble.

Au sein du secteur de la santé mentale, l’association des hypersensibles ne veut pas aller contre ce qui existe déjà mais travailler avec, toujours dans ce même but de créer du lien social pour les personnes mis à l’écart qui sont bien souvent hypersensibles.

Source Blog L'Express