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Témoignage : "Travailler me permet de dépasser mon handicap"

le 29 mars 2017

[La Croix] Claire Pacaud est apprentie fleuriste à La Baule et ce métier lui permet de revivre malgré la maladie. À l’occasion du salon Handicap, qui ouvre ses portes lundi 27 mars, elle livre son témoignage.

Claire Pacaud est une fleuriste épanouie. La jeune femme n’était pourtant pas programmée pour ce travail. Elle a 21 ans et suit des études d’économie quand sa maladie se déclare. Dix ans plus tard, et après une lente reconstruction, elle est sereine. « Sans mon travail, même maintenant que la maladie est stabilisée, je ne sais pas si je serais aussi épanouie. »

D’une voix douce, posée, elle revient sur un parcours pas tout à fait rectiligne. Claire souffre d’une maladie psychique dont elle préfère taire le nom, car elle véhicule beaucoup de stéréotypes. « Je préfère qu’on me voie sans la barrière du jugement. »

Son handicap est invisible et n’altère pas ses capacités physiques ou intellectuelles. Au quotidien, l’accueil des clients lui demande de faire de gros efforts. Mais elle apprécie de ne pas se sentir jugée par ceux qui viennent ici simplement pour acheter des fleurs.

Elle goûte ces « rapports simples » avec la clientèle et se sent à l’aise, malgré tout, dans ce métier de contact. Elle estime avoir « retrouvé le lien social perdu avec la maladie » grâce à cette activité. « ç a me donne un cadre, un rythme. J’en ai besoin pour être équilibrée. »

Oublier la maladie

Elle est aujourd’hui en apprentissage dans la boutique Fleurs de Toscane, à La Baule. En « milieu ordinaire », c’est-à-dire dans une entreprise « classique » et non dans une entreprise protégée dont la fonction est d’accueillir des travailleurs handicapés. Elle peut prendre des distances avec la maladie. « Ça me permet de vivre avec, et même de l’oublier parfois. »

Elle a suivi sa première formation de fleuriste dans un centre de rééducation professionnelle (CRP). C’est là qu’elle a « découvert le monde des fleurs » . « Ça m’a permis de revivre, de respirer », explique-t-elle. D’exprimer sa créativité aussi. Toutes les personnes formées dans ces centres ne peuvent pas nécessairement quitter les établissements spécialisés.

Aujourd’hui, elle se sent en confiance. Elle a participé aux Olympiades des métiers avec l’association Abilympics et fait des projets pour l’avenir. Son employeur a promis de l’embaucher à l’issue de sa formation. Mais avant, elle fera un tour par « la Belgique ou les Pays-Bas, en Erasmus, pour acquérir de nouveaux savoir-faire » .

Source La Croix