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Tribune : La santé mentale, une chose trop grave pour être confiée aux seuls psychiatres

le 23 juin 2017

[Le Monde] Il est nécessaire de publier le décret réformant les soins en psychiatrie, qui acte notamment la nécessité des thérapies psychosociales, explique dans une tribune au « Monde » les associations du collectif Schizophrénies. 

Les derniers chiffres de l’Assurance-maladie le rappellent : la santé mentale, avec 7 millions de personnes et des dépenses de 19,3 milliards d’euros, pèse en France plus lourd que le cancer. Elle est pourtant loin de bénéficier d’une mobilisation collective à la hauteur.

La schizophrénie est emblématique de ce traitement de défaveur. Peu de Français connaissent la vraie nature de cette maladie du cerveau, son ampleur (600 000 personnes, touchées en ­majorité entre 15 et 25 ans) ou ­encore les prises en charge recommandées. Pour ces jeunes, la maladie est sévère, et, dans bien des cas, en France, le système de soins aggrave les choses.

Notre service public de la psychiatrie présente un statut d’exception en ­médecine : aussi incroyable que cela puisse paraître, il dispense ses soins sans protocole, sans guide de bonnes pratiques et sans évaluation de résultats. Concrètement, les prises en charge sont la chasse gardée de la seule psychiatrie et se déroulent bien souvent selon un même scénario : des hospitalisations brutales et des soins bornés à la prescription de médicaments. Elles aboutissent à un même résultat : n’offrir aux malades d’autre horizon que de végéter sans projet ni avenir.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, notre service public de la psychiatrie dispense ses soins sans protocole et sans évaluation de résultats

Malgré les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la France continue de concentrer ses moyens sur l’hôpital psychiatrique. Elle se classe ainsi en queue des pays occidentaux pour la prise en charge hors institutions (27e sur 30). Les hospitalisations sans consentement y augmentent constamment avec, de façon corollaire, la banalisation des pratiques de contention et d’isolement. 40 % des personnes ­atteintes de ­schizophrénie font une tentative de suicide.

Source Le Monde 

La Société médico-psychologique (SMP) a répondu à cette tribune dans un entretien à APMNews :  Le Dr François Petitjean, président de "la plus ancienne société française de psychiatrie", la Société médico-psychologique (SMP), répond, dans un entretien à APMnews, à la récente tribune du collectif Schizophrénies, qui estimait que la santé mentale était "une chose trop grave pour être conYée aux seuls psychiatres". Cette tribune, signée par les associations Schizo? Oui!, Schizo Espoir, Promesses, Schizo'Jeun's, Schiz'osent être, Solidarité Réhabilitation et L’Ilot, est parue dans le quotidien Le Monde daté du 14 juin. Elles y regrettaient notamment que "la France continue de concentrer ses moyens sur l'hôpital psychiatrique" et appelaient à développer les thérapies psychosociales. François Petitjean a assuré mardi à APMnews qu'il y a dans cette tribune "des choses qui sont exactes et des choses qui doivent être pondérées".

Source APMNews