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Vidéo : Dans la tête de Florent, atteint de schizophrénie

le 16 novembre 2016

[Konbini] Florent Babillote, 35 ans, est atteint de schizophrénie depuis l’adolescence. Dans un entretien qu’il nous a accordé, il évoque son quotidien, les idées reçues sur sa maladie et accepte de nous raconter son “long chemin vers l’espoir et la lumière”.

Dans le monde, la schizophrénie touche une personne sur cent et cette année, les Journées de la Schizophrénie, se sont ouvertes sur le thème “On a tous un proche schizophrène”. Florent Babillote, 35 ans, fait partie de ces “proches”. Il a ressenti les premiers symptômes à l’âge de 12 ans. Il n’a jamais pu oublier sa première crise, survenue dans un bus à 13 ans. À 24 ans, le diagnostic tombe : il est schizophrène. Après être passé par une période de déni, il accepte la maladie et de se faire interner. Cela fait dix ans qu’il n’a plus ressenti la moindre crise ou bouffée délirante.

Dans le cerveau de n’importe quel être humain, on trouve une synapse entre chaque neurone qui sert à transmettre les informations. Chez une personne schizophrène, ce passage est altéré. À certains moments, le message passe et la personne sera consciente des choses. Le reste du temps, ça ne passe pas, d’où l’entente de voix et d’hallucinations visuelles et auditives.

 

Florent raconte :

 

J’avais l’impression que quelqu’un s’emparait de mon esprit et de mon cerveau pour parler à ma place et que je devais lutter sans cesse contre lui. Je ressentais le besoin d’avoir un double qui me donnait de l’importance.

 

Une lutte perpétuelle contre soi-même

 

Pour sortir de cette paranoïa constante, il lui a fallu accepter sa maladie. C’est d’ailleurs le conseil qu’il donne à toutes les personnes dans son cas : ne pas se voiler la face, accepter le diagnostic et l’aide des autres et, surtout, prendre correctement son traitement. Pour autant, la schizophrénie est une maladie multi-facettes, elle peut prendre autant de formes qu’il y a de personnalités. Un traitement qui fonctionne sur une personne A ne sera pas forcément adapté à une personne B.

 

Ne voulant prendre aucun risque, Florent continue de prendre chaque jour son traitement pour éviter toute rechute. Il nous a confié “croire très fort en l’art-thérapie “. C’est l’écriture de son livre, Obscure clarté , qui lui a permis d’exorciser ses démons. Musique, peinture, lecture ou sport, il est d’après lui nécessaire d’avoir une passion pour s’en sortir. C’est l’unique moyen pour ne pas vivre reclu et se renfermer sur soi-même. Par ce livre, il a souhaité sensibiliser le public à sa maladie et pouvoir enfin “mettre des maux sur ses mots “.

 

Mais pour Florent Babillote, le système de santé français souffre d’un énorme manque de moyens. Le personnel soignant a beaucoup trop de malades à gérer et n’a souvent pas la formation nécessaire ou la bonne approche. Par exemple, il est très important d’expliquer au patient quel traitement il suit et à quoi il va lui servir pour que la personne soit actrice de sa maladie.

Des préjugés qui ont la vie dure

Pour faire évoluer les mentalités en France, la Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, promulguée en 2005, a imposé aux entreprises de plus de 20 salariés de compter au moins 6% de salariés handicapés.

À défaut, elles devront s’acquitter d’une amende. Dix ans après la loi, si le nombre d’handicapés a doublé dans les entreprises, il reste du chemin à faire : si on frôle les 6% dans le public, le privé dépasse de peu les 3%. Pour Florent : “Il y a toujours ce même regard sur le handicap, c’est dommage parce que c’est cette diversité qui apporte et nourrit intellectuellement.” Il n’est également pas tendre avec certains médias qu’il accuse de diffuser des clichés autour de la schizophrénie.

 
Dans la tête de Florent, schizophrène par konbini

 

 

Source Konbini