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Article : Les antidépresseurs avant et pendant grossesse liés à un risque de troubles psychiques chez l'enfant

le 22 septembre 2017

Une vaste étude, publiée dans le British medical Journal (BMJ), établit un lien entre la prise d'antidépresseurs pendant la grossesse et le risque de troubles psychiques chez l'enfant exposé in utero. 2 à 8% des femmes enceintes seraient concernées. 

Commencer ou continuer un traitement antidépresseur pendant la grossesse comporte un rapport bénéfices/ risque qu'il est important de faire évaluer par son médecin, conclut une étude internationale menée une équipe de chercheurs de l'université du Danemark, portant sur 905.383 femmes enceintes entre 1998 à 2012.

D'après les résultats, 32.400 enfants exposés aux antidépresseurs in utero - surtout ceux agissant sur la sérotonine (un neurotransmetteur) - ont été diagnostiqués avec un trouble psychiatrique, au cours d'une période allant de leur conception à l'âge de 16 ans, comme la dépression ou l'anxiété. 

L'étude montre que le risque a presque doublé chez les enfants dont les mères ont poursuivi leur traitement pendant la grossesse (14,5%), comparativement à ceux qui n'ont pas été exposé avant ou pendant la grossesse (8%).

Le risque le moins élevé concerne les femmes qui ont pris des antidépresseurs avant de tomber enceinte (11,5%) tandis que la prise du traitement au moment de la grossesse présente un risque de 13,5%.

Entre 2015 et 2017, plusieurs études ont montré des résultats contradictoires quant à l'incidence de la prise d'antidépresseurs pendant la grossesse et le risque d'autisme chez l'enfant, étudiant également un ensemble d'autres facteurs pouvant y contribuer.

Les derniers travaux en date publiés dans le BMJ en juillet 2017 indiquent que l' association entre la prise d'antidépresseurs pendant la grossesse et l'autisme de l'enfant ne permet pas de conclure à un lien de cause à effet direct. Il peut aussi s'expliquer par les troubles pour lesquels ce traitement a été prescrit" à la mère.

Une deuxième étude publiée ce jeudi 7 septembre dans le "Journal of Advanced Nursing" montre que le recours à un avis médical sur l'observance d'un traitement quel qu'il soit - les analgésiques en tête - pendant la grossesse n'est pas un réflexe chez les femmes enceintes.

Parmi les 284 femmes suivies, 75% vont chercher régulièrement des informations sur Internet, principalement sur des sites dédiés à la santé, pour se rassurer. 

"La majorité des femmes enceintes déclarent que les informations qu'elles ont trouvé sur Internet ont pu les rassurer ou les influencer sur leur décision de poursuivre, prendre ou ne pas prendre un traitement",  constate Marlene Sinclair, auteur principal de l'étude.

Consulter l'étude (en anglais)

Source La Dépêche