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Article : Quel est l’impact de la stigmatisation affectant les survivants au suicide d’un proche ?

le 14 décembre 2016

[Somapsy] Historiquement, la stigmatisation associée au suicide a revêtu des connotations tant religieuses que légales. Le suicide a longtemps été perçu comme un acte immoral et criminel et, par conséquent, les personnes touchées par le décès par suicide d’un être cher ont souvent été confrontées à un rejet social.

Aujourd’hui, malgré sa diminution, la stigmatisation persiste et les survivants de cet impact continuent de se sentir rejetés, jugés et développent également un sentiment de honte et de culpabilité. Cette stigmatisation peut entraîner le développement de troubles mentaux sévères.

L’article est le résultat d’une étude détaillée qui analyse l’expérience et le ressenti de ces survivants. Les auteurs du rapport ont souligné quatre aspects importants : le sentiment de culpabilité, de honte et de jugement de la part des autres ; le sentiment de solitude et de rejet de la part des amis ou même de la communauté ; et le sentiment de ne pas avoir droit à la parole et d’être responsable du malaise des autres.

Les résultats de l’étude montrent que la stigmatisation affectant les survivants au décès par suicide d’un proche a un impact négatif sur leurs relations et leurs comportements. Bien souvent, ils ne disposent pas de l’espace nécessaire pour expliquer leur histoire, ce qui rend leur processus de deuil plus compliqué. Ce silence empêche les survivants d’avoir la possibilité de donner du sens à leur perte, de conserver le lien et les moments heureux partagés avec leur proche.

Parfois, certains survivants refusent, en raison de la stigmatisation elle-même, de rechercher de l’aide pour surmonter le décès d’un proche, du partenaire ou d’un ami. Les auteurs insistent donc sur le fait qu’il est nécessaire de bien comprendre les réflexions de ces personnes pour améliorer la communication et les relations personnelles.

L’article souligne aussi le fait que les professionnels de santé ne savent pas ou ne se sentent pas très à même de soutenir les survivants. En ce sens, comme avec les relations familiales, les survivants affirment que les relations avec les professionnels de la santé sont souvent tendues, ce qui réduit d’autant plus la possibilité d’offrir un soutien à ces personnes et de les aider à reconceptualiser leur deuil. Les auteurs recommandent donc l’amélioration de la formation des professionnels de la santé pour mieux comprendre les besoins spécifiques des survivants au décès par suicide.

Source Somapsy