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Article scientifique : Pourquoi les adolescents nous obligent à penser les cultures, les langues et les effets des discriminations ?

le 14 septembre 2016

[CAIRN] Ce numéro de la revue Adolescence , analyse quelques implications européennes et canadiennes de cette diversité moderne sur nos manières de penser la psychopathologie des adolescents et sur les cadres psychothérapiques que nous leur proposons.

La psychothérapie est inscrite dans un contexte qui l’informe et la rend légitime. Si elle se contente de répéter ce qui existait à la génération antérieure, elle risque non seulement de s’assécher et de perdre sa créativité et son inventivité mais plus encore de devenir désuète et caduque tant du point de vue épistémologique (les autres disciplines continuent à se transformer) que du point de vue technique (les patients se tournent vers d’autres manières de penser et de faire, plus en adéquation avec leurs besoins du moment et leurs manières de les exprimer et de les vivre). Dans une société multiculturelle comme l’est notre société européenne, la question de la diversité culturelle interroge la psychothérapie et cela depuis plus d’une trentaine d’années en Europe mais aussi au Canada ou aux États-Unis. Ainsi cette question des adolescents, enfants de migrants, nés dans un pays autre que celui qui a porté leurs parents, enfants adoptés à l’étranger, mais aussi adolescents de couples mixtes ou de manière plus générale, tous les adolescents qui ont des affiliations multiples et des vacillements dans la filiation elle-même. Se pose la question de la langue maternelle et de la langue seconde, celle du pays d’accueil, et de la fonction assurée par ces deux langues. Au-delà de la langue se pose la question de l’impact des représentations culturelles portées et transmises par les parents sur la théorie et la pratique, d’autant que nous vivons dans un monde qui ne peut décemment se contenter d’être ethnocentré mais qui se doit de penser la pluralité des langues, des représentations et aussi celle des métissages. Le métissage qu’il soit des êtres ou des théories n’est pas « ou ou » mais « et et » comme le propose F. Laplantine, métissage qui invite à la complexité et à la transformation. Enfin, reste la question importante encore insuffisamment explorée des effets cliniques des discriminations subies par ces adolescents qui appartiennent à des minorités et des blessures narcissiques qui en découlent.

Source CAIRN