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Comité national d'éthique : Enjeux éthiques lors du déconfinement

le 27 mai 2020

Dans son avis rendu public le 20 mai, le Comité consultatif national d'éthique pointe le risque d'une augmentation des suicides après le confinement lié à l'épidémie de Covid-19. Il demande que la parole des usagers du système de santé soit écoutée. 

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu le 20 mai un avis intitulé « Enjeux éthiques lors du dé-confinement : responsabilité, solidarité et confiance ». Dans ce document, réponse à la saisine du Conseil scientifique Covid-19, le Comité livre à la fois ses constats et ses recommandations pour la période d'allègement des mesures liées à l'épidémie.

Cette instance souligne le risque de survenue de problèmes de santé mentale dans la période de l'après confinement.

"Penser les effets sanitaires, économiques et sociaux de la crise actuelle amène à considérer non seulement les décès dus au Covid-19, mais l’ensemble des décès induits par le confinement et la crise économique qui en découle. À court terme, le confinement a conduit à une réduction des accidents de la route et des accidents de travail, aux effets néfastes de la pollution, mais également à des reports de soins et des renoncements aux soins très nombreux, ainsi qu’une aggravation des problèmes de santé mentale. La crise économique qui s’annonce pourrait-elle aussi avoir des conséquences sanitaires importantes, en particulier si celle-ci devient profonde et durable ? L’observation des crises économiques précédentes amère à craindre une augmentation des suicides, des maladies cardiovasculaires et de la mortalité induite".

Le CCNE regrette que le pouvoir politique prenne les décisions sans que les usagers du système de santé ne soient consultés.

"Au début de la crise sanitaire, dans un contexte de profonde inquiétude et d’incertitude face à l’évolution du virus, les citoyens français s’en sont remis à l’expertise scientifique, particulièrement à travers la mise en place d’un Conseil scientifique placé très tôt auprès des autorités politiques, écrit le CCNE. Si le politique a souhaité être éclairé par les scientifiques et les chercheurs de différentes disciplines (Conseil scientifique, Comité d’analyse recherche et expertise, Sociétés savantes), ce lien particulier - dont il faudra ultérieurement analyser l’apport - ne s’est pas accompagné de la mobilisation, pourtant nécessaire dans les prises de décision, de la parole des acteurs de la démocratie en santé et plus largement de la population". 

"Si le dé-confinement s’accompagne d’un appel au civisme et à la responsabilité individuelle, la confiance citoyenne ne peut s’ancrer que sur une écoute, un retour d’expériences et des propositions émanant d’une part d’usagers du système de santé - patients et résidents du médico-social - et d’autre part de la population en général", écrit le CCNE. 

Lire l'avis sur le site du CCNE