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JIM : Pourquoi faire consulter un psychologue à un enfant qui a mal ?

le 30 juin 2017

[JIM] Après une première évaluation médicale, voire multidisciplinaire des douleurs chroniques, quels enfants adresser au psychologue et dans quel contexte ? Florence Reiter précise ces conditions, ainsi que les méthodes mises en œuvre et leurs possibles résultats. Avec le cas d’Élisa, elle met en perspective ces données théoriques.

Le centre douleur et mi graine de l’hôpital Trousseau (Paris) reçoit des enfants et adolescents ayant des douleurs ou des céphalées chroniques. Dans un premier temps, le patient est vu en consultation médicale ou consultation multidisciplinaire médecin-psychologue* pour une évaluation de la douleur approfondie et multidimensionnelle. Les composantes sensorielles et émotionnelles de la douleur chronique sont détaillées. Cette évaluation est faite sur une ou plusieurs consultations en s’intéressant aux données médicales apportées par le patient et ses parents. Lors de ces consultations, l’enfant, lui-même, est invité à partager ce qu’il vit, ce qu’il perçoit de la situation et ce qu’il en a repéré. Les parents sont également amenés à raconter l’histoire de leur enfant et, si nécessaire, à compléter le contexte de survenue des douleurs, les facteurs déclenchants ou aggravants. Sont également évalués les retentissements sur le quotidien de l’enfant (sommeil, appétit, fatigue, humeur, limitation des loisirs, scolarité, etc.), les relations sociales, sur la vie familiale, etc.

 

L’orientation vers le « psy »

« J’ai mal  » pour « Je suis mal  », quand le corps s’exprime

Il apparaît souvent des éléments qui aident à « la compréhension globale de la situation et aux propositions thérapeutiques  ». Cette évaluation globale permet souvent de faire apparaître des éléments nouveaux, des difficultés et souffrances intriquées et/ou anciennes. Ces consultations bio-psychosociales permettent au patient et ses parents de percevoir l’intrication des facteurs psychologiques et somatiques. Lorsque la composante psychologique paraît importante, il est proposé au patient de rencontrer un psychologue ou un pédopsychiatre**, afin d’évoquer plus spécifiquement les retentissements déjà évoqués et de proposer un suivi adapté.

Ni folie, ni manipulation

La douleur est réellement ressentie par le patient. Elle n’est pas remise en doute ou déniée, mais elle est prise en charge à différents niveaux. Étant dans l’impossibilité de comprendre ou de dire que ce qu’il vit est difficile, la douleur s’exprimerait à la place de l’enfant ou de l’adolescent.

Quels patients pour le « psy  » ?

De manière générale, on pourra adresser en cas de retentissements importants, d’absentéisme scolaire, d’anxiété importante, de troubles de l’humeur, du sommeil ou de l’appétit d’un fonctionnement familial pathologique, de difficultés relationnelles avec ses pairs et sa famille.

Comment adresser au psy ?

Il est parfois difficile d’orienter. Le médecin peut partir des éléments fournis en consultation comme les événements déclenchants ou aggravants, le vécu du traumatisme initial, les symptômes en cours : troubles du sommeil, de l’appétit, de l’humeur, la fatigue, des absences répétées ou de nombreuses consultations médicales.

Il est important que le médecin souligne que cette démarche prend du temps et qu’elle ne sera pas magique. Il faut veiller à faire le lien avec le psy et à ne pas arrêter les consultations médicales.

Source JIM