Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Pour en savoir plus > Médicaments : Des chercheurs INSERM pointent une « banalisation » préoccupante des prescriptions d'antipsychotiques

Médicaments : Des chercheurs INSERM pointent une « banalisation » préoccupante des prescriptions d'antipsychotiques

le 22 août 2016

[Santé Mentale] Des chercheurs de l’Université de Bordeaux (INSERM 1219 Bordeaux Population Health) pointent, dans une communication intitulée « Usage et mésusage des médicaments psychotropes : les antipsychotiques, nouvelle panacée pour les troubles psychiatriques ? », une banalisation des prescriptions d'antipsychotiques préoccupante au regard du profil de tolérance des antipsychotiques de seconde génération.

Selon les chercheurs, l'accroissement progressif de la population exposée aux molécules antipsychotiques (ou neuroleptiques) au cours de ces dernières décennies est devenu un problème de santé publique dans les pays industrialisés. La prescription de ces molécules était initialement restreinte aux pathologies psychiatriques les plus sévères, notamment du fait leurs effets secondaires neurologiques. La mise sur le marché de nouvelles molécules ayant une meilleure tolérance neurologique, et commercialisées dans de nouvelles indications, a contribué à cet élargissement. Celui-ci est particulièrement notable chez les enfants et les adolescents, où ces molécules sont souvent prescrites hors indication.

Cette banalisation des prescriptions d'antipsychotiques est préoccupante au regard du profil de tolérance des antipsychotiques de seconde génération. Ainsi, ces nouvelles molécules, dont l'efficacité est comparable aux antipsychotiques de première génération, exposent les usagers à des risques métaboliques et vasculaires. De plus, les risques liés à l'exposition chez les enfants et adolescents dont le cerveau est en développement ne sont pas connus. Des études pharmaco-épidémiologiques sont donc indispensables pour mieux évaluer la balance bénéfice/risque de ces molécules en conditions réelles de prescription.

Consulter la communication

Source Santé Mentale