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Médicaments : Neuroleptiques, une utilisation trop banalisée, en particulier chez les enfants et les adolescents

le 21 novembre 2016

[Prescrire] Les neuroleptiques dits de seconde génération ne sont pas aussi anodins qu'annoncé. Leur banalisation chez les enfants et adolescents pose problème, en l'absence de données sur leur impact potentiel sur des cerveaux en développement.

La prescription des neuroleptiques (alias antipsychotiques) s'est développée rapidement à partir des années 1980, depuis la mise sur le marché des neuroleptiques dits de seconde génération (ou "atypiques", amisulpride, aripiprazole, clozapine, olanzapine, quétiapine, rispéridone), au motif d'un profil d'effets indésirables annoncé meilleur que celui des neuroleptiques dits de première génération. 

Une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) constate cependant que, s'ils exposent à moins d'effets indésirables neurologiques à court terme que des neuroleptiques de première génération tels que l'halopéridol, ils ont des effets indésirables métaboliques plus marqués, tels que des diabètes et des dyslipidémies. D'une manière générale, les neuroleptiques exposent aussi à une surmortalité.

Leur prescription a pourtant continué d'augmenter, notamment hors autorisation de mise sur le marché (AMM), comme dans des troubles anxieux et des démences. Y compris chez les enfants et adolescents, comme par exemple dans les troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité et l'autisme.

Cette utilisation large de neuroleptiques est préoccupante notamment en raison des troubles cardiaques et de la surmortalité auxquels ils exposent. Leur banalisation chez les enfants et adolescents pose problème, en l'absence de données sur leur impact potentiel sur des cerveaux en développement.

Ainsi, comme dans d'autres cas, de nouveaux médicaments présentés, par les firmes, comme ayant un meilleur profil d'effets indésirables, supplantent des médicaments plus anciens, dont l'efficacité est avérée et les effets indésirables plutôt mieux connus.

Source Prescrire (accès libre)