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Rapport ONU sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible

le 2 juillet 2018

Le présent rapport est le fruit de consultations approfondies entre un grand nombre de parties prenantes, y compris des représentants des personnes handicapées, des utilisateurs et anciens utilisateurs des services de santé mentale, des représentants de la société civile, des praticiens de santé mentale, y compris des représentants des psychiatres et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), des universitaires, des membres des mécanismes des droits de l’homme de l’ONU et des représentants d’États membres. 

Extraits :

"La recherche d’un équilibre entre les extrêmes du XXe siècle a fait naître un mouvement en faveur de la désinstitutionnalisation et de la définition d’un modèle biopsychosocial de soins équilibré. Cette tendance a été encouragée par l’OMS qui, dans un rapport de 2001, a préconisé l’établissement d’un cadre de santé publique moderne et la fin de l’isolement, de la stigmatisation et de la discrimination à l’égard de la santé mentale et des utilisateurs de services de santé mentale.

Grâce à une base de recherche qui ne cesse de s’enrichir, on dispose d’éléments de preuve indiquant que le statu quo, fait d’interventions biomédicales, notamment par le biais de médicaments psychotropes et de mesures non consenties, n’est plus défendable dans le cadre de l’amélioration de la santé mentale.

La mobilisation de la société civile, en particulier des mouvements d’utilisateurs et des anciens utilisateurs de services de santé mentale, et des organisations de personnes handicapées, qui ont appelé l’attention sur l’incapacité des services de santé mentale classiques à répondre à leurs besoins et à garantir leurs droits, a eu une grande importance et a abouti à une remise en question des facteurs à l’origine des violations des droits de l’homme, à la conception d’autres traitements et à l’élaboration d’un nouveau discours sur la santé mentale." 

(...)

Les politiques publiques ne reconnaissent toujours pas l’importance des facteurs propices aux maladies mentales que sont la violence, la perte d’autonomie, l’exclusion et l’isolement social et l’effritement des communautés, les désavantages socioéconomiques systémiques et les conditions de travail et d’étude néfastes. Les approches de la santé mentale qui ne tiennent pas compte de l’environnement social, économique et culturel non seulement portent préjudice aux personnes handicapées, mais ne parviennent pas non plus à promouvoir la santé mentale de beaucoup d’autres personnes à différentes étapes de leur vie. 

Avec l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et les efforts récemment déployés par des acteurs mondiaux influents comme l’OMS, le Movement for Global Mental Health (Mouvement mondial pour la santé mentale) et la Banque mondiale, la santé mentale est en train de s’affirmer au niveau international comme un impératif de développement humain. Le Programme 2030 et la plupart de ses objectifs de développement durable concernent la santé mentale : l’objectif 3 vise à permettre à tous de vivre en bonne santé et à promouvoir le bien-être de tous à tout âge et la cible 3.4 prévoit la promotion de la santé mentale et du bien-être par la réduction du taux de mortalité due à des maladies non transmissibles. La manière dont les activités menées à l’échelon national tirent parti de la dynamique créée par le Programme 2030 pour traiter les problèmes de santé mentale a des incidences importantes sur la réalisation effective du droit à la santé. 

La dynamique actuelle et les possibilités de faire avancer les choses sont uniques. Avec le présent rapport, le Rapporteur spécial entend mettre à profit cette conjoncture particulièrement favorable dans laquelle on assiste à une convergence de mécanismes internationaux. 

Lire le rapport de l'ONU