Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Pour en savoir plus > Retranscription d’intervention : Santé mentale et quartiers prioritaires, quels enjeux ?

Retranscription d’intervention : Santé mentale et quartiers prioritaires, quels enjeux ?

le 19 janvier 2018

Retranscription de l’intervention de Marie Sioen, chargée de mission, IREV, lors de la journée « Santé mentale et politique de la ville : enjeux et leviers » du 9 novembre 2017, organisée par l’IREV hauts-de-France, La Fabrique Territoires Santé et le Centre National de ressources et d’appuis aux CLSM – CCOMS.

En préambule et pour simplifier, on peut principalement distinguer deux registres de la santé mentale :

Sur l’un ou l’autre de ces deux registres, on constate des enjeux particuliers dans les quartiers prioritaires. Côté souffrance psychique, on admet qu’elle est accrue du fait des conditions socio-économiques et environnementales difficiles (chômage, cadre de vie, échec scolaire…). Quant aux maladies mentales, elles peuvent être encore moins bien vécues dans les quartiers du fait d’un accompagnement et d’une prise en charge moins facile (désertification médicale, non-recours aux soins, isolement des personnes, frein financier…).

Alors, par où commencer lorsque l’on veut travailler la santé mentale dans les quartiers ?

Réaliser un diagnostic territorialisé sur le registre troubles/maladie mentales est assez complexe. En effet, la confidentialité des données (secret médical…) et la spécificité de l’échelle de territorialisation (le « secteur de psychiatrie ») rendent difficile la collecte et l’analyse de statistiques. De plus, c’est une mission qui relève plutôt des compétences des acteurs de la santé que des acteurs de la politique de la ville. On peut cependant citer l’état des lieux de la fédération régionale de recherche en santé mentale Hauts-de-France, qui réunit des indicateurs liés au recours aux médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, traitement de la dépendance alcoolique, etc.), aux conduites suicidaires, ou encore à l’offre et aux recours aux soins. Ces chiffres permettent par exemple de constater une inégalité territoriale de présence de professionnels libéraux selon les zones de la région. À une échelle globale, 194 psychiatres et 574 psychologues libéraux sont installés dans les Hauts-de-France, mais la métropole lilloise et la Flandre intérieure concentrent 38% de l’effectif des psychiatres et 43% de celui des psychologues. D’autres territoires de santé présentent, eux, une plus faible offre libérale : Artois Douaisis, Hainaut Cambrésis et Littoral pour les psychiatres, et Aisne Nord, Haute Somme, Artois Douaisis et Hainaut Cambrésis pour les psychologues.

Lire la suite sur le site du Centre national de ressources et d'appui aux Conceils Locaux de Santé Mentale