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Thèse : Schizophrénie, attention aux frères et sœurs

le 12 décembre 2016

[Santé Mentale] Une partie importante de la prise en charge de la schizophrénie se passe au sein des familles. De ce fait, les situations de cohabitation du patient avec ses frères et soeurs sont de plus en plus fréquentes. Après une recherche-action portant sur 600 frères et soeurs de personnes atteintes de troubles psychotiques menée en lien avec l’Unafam, la psychologue Hélène Davtien-Valcke propose dans cette thèse une approche compréhensive qui donne une place centrale à l’expérience et à l’analyse qualitative de cas.

Sa recherche permet de mieux comprendre la nature spécifique des retentissements de la schizophrénie sur la fratrie qui combine crainte de la contamination, contagiosité psychique et emprise. Il convient donc de prendre en compte ces trois dimensions pour développer une information et un accompagnement approprié pour les frères et soeurs.

Ce travail montre comment l’actualisation de la tension en miroir (spéculaire) s’effectue lors de l’apparition des troubles, non seulement pour les frères et soeurs du patient, mais aussi pour le patient lui-même. Si elle est trop intense, cette tension peut faire peser une menace sur l’ensemble de la fratrie, avec de surcroît pour le malade la crainte de représenter lui-même une menace pour le reste du groupe. Ceci peut conduire à des mouvements radicaux de séparation et de collage pour les frères et soeurs du patient, mais aussi de repli pour la personne malade. En revanche, si elle est supportée par la fratrie, la tension spéculaire peut soutenir la capacité réflexive du patient et ainsi représenter un levier thérapeutique.
Les situations de cohabitation, quand elles sont banalisées et contraintes, renforcent une tension délétère. Il convient donc de prendre en considération l’ensemble des personnes qui sont amenées à vivre sous le même toit que la personne malade lors de sa sortie d’hospitalisation.

Cette recherche montre que le fait de soutenir les relations fraternelles dans les situations de cohabitation représente un intérêt non seulement sur le plan préventif pour les frères et soeurs, mais aussi sur le plan curatif pour la personne malade.

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Source Santé Mentale