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Belgique : La santé des prisonniers se dégrade pendant la détention

le 17 novembre 2017

De nombreux détenus ne sont pas en bonne santé: faiblesses mentales, physiques, dentaires, d'où une importante consommation de médicaments. Pendant un an, des équipes de chercheurs ont fait le tour des trente-cinq prisons belges. Via le centre fédéral d'expertise des soins de santé (le KCE), ils ont rendu au Ministère de la Justice l'avis que celui-ci attendait. Une réforme des soins de santé en prison s'impose. 

Qu'elle suppose ou non le transfert des coûts de la Justice vers le Ministère fédéral de la Santé publique, comme il en est fortement question.

Gaëtan De Dordolot, vous êtes médecin généraliste et exercez en milieu carcéral à Saint-Gilles. Quels manquements observer dans les prisons belges?

"La première est structurelle. Nous sommes en prison, dans un lieu de détention qui n'est pas du tout un lieu de soins reconnu comme tel. Et c'est dans ces lieux particuliers que tout le personnel de la santé doit organiser une prise en charge de patients privés de liberté. Curieusement, ces patients sont relativement jeunes, la moitié a moins de quarante ans. Ces patients arrivent là en présentant des pathologies peu ou pas suivies auparavant. Voilà notre première difficulté: il faut objectiver ces plaintes. Pour cela, nous organisons une consultation d'entrée pour identifier les soins nécessaires, physiques, dentaires, psychiques et les orienter dans ces sens-là pendant toute leur détention."

L'état de santé s'améliore-t-il en prison ou se dégrade-t-il?

" Bon nombre de nos patients sont en rupture avec la société. Ils ne sont pas en ordre avec leur mutuelle. Leur dossier médical est vague. Toutes les études prouvent que la prison est tout de même pathogène. On essaie de faire de son mieux en gardant l'idée que nous travaillons dans un lieu qui n'est pas dédié aux soins et qui va avoir un impact négatif sur la santé des patients. Dès que l'on entre en prison, il faudrait penser à ce qui va se passer à la sortie. Comment s'alimenter correctement, comment retrouver un boulot plus facilement si la santé et la dentition sont précaires? Prendre en charge sa santé, c'est reconnaître aussi à la personne humaine que l'on est le droit d'être une personne humaine à part entière sans la stigmatiser parce qu'elle est en prison. Une détention est une durée limitée dans la vie d'un individu. Et l'idée est de remettre chacun sur les rails aussi dans l'aspect santé." 

Source RTBF