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Belgique : Près d'un patient sur deux poserait le bon diagnostic

le 13 février 2017

[Le spécialiste] A l'occasion de la semaine "Qualité et sécurité des soins", les Cliniques universitaires Saint Luc ont organisé une soirée scientifique dédiée à l'empowerment du patient et au patient partenaire. Si l'essentiel de la séance a mis en évidence l'intérêt d'une collaboration accrue avec le patient acteur tant en matière de prise en charge, que de formation et de gouvernance des systèmes de soins de santé, quelques résultats d'études interpellants ont aussi été divulgués.

L'intervention de Vincent Dumez, co-président du CEPPP (Centre d'Excellence sur le Partenariat avec les Patients et le Public), constitué en collaboration avec l'Université et le centre de recherche du Centre Hospitalier de Montréal, était fort attendue. En effet, l'implication du patient comme partenaire des soins et de leur organisation, est nettement plus avancée Outre Atlantique qu'en Europe - exception faite du Royaume Uni- et qu'en Belgique.

Le savoir et l'expertise du patient ont ainsi davantage été évalués et chiffrés. Pour faire valoir l'expertise dont le patient et ses proches disposent, Vincent Dumez a mis en avant que le temps relationnel moyen d'un patient chronique avec les prestataires de soins oscille entre 5 et 10 heures par an. Le temps annuel moyen qu'un patient chronique et ses proches consacrent aux soins, à la compréhension de la maladie, et à sa prise en charge globale est, quant à elle d'environ 6000 heures. Dans ce contexte, on comprend que l'expertise par expérience que revendiquent les patients et associations de patients traduisent une connaissance à la fois concrète et globale.

Le deuxième chiffre à épingler porte sur la qualité croissante de l'auto-diagnostic. S'il y a quelques années, un patient sur dix se présentait en consultation, nanti d'une hypothèse diagnostique exacte, aujourd'hui c'est 4 à 5 patients sur dix. Cette évolution est évidemment due à l'éclosion des objets connectés et des plateformes médicale en ligne.

Si l‘usage de Dr Google favorise une meilleure information et compréhension des pathologies, il apparait, et c’est le troisième chiffre à retenir, que savoir n’est pas pouvoir. Bien qu’au fait de la maladie et de ses suites potentielles, 50 à 70% des patients sont non adhérents aux traitements. Pris ensemble, ces différents chiffres tendent à reconfigurer la relation médicale en trajet continu d’accompagnement du patient dans la prise en charge active de sa santé.

Source Le spécialiste