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Grèce : La santé mentale en danger

le 12 janvier 2018

Le budget de la psychiatrie a été divisé de près de moitié en Grèce depuis le début de la crise économique. En parallèle, les demandes d’admission ont triplé.

Il fait presque froid et il pleut. Quand il pleut en Grèce, l’humeur est sombre, un peu à l’image des sinistres bâtiments de la partie abandonnée de l’hôpital psychiatrique de l’île de ­Leros, en mer Egée. Le psychiatre Yannis Loukas s’arrête longuement devant le bâtiment 16, un bloc aux couleurs passées, vide et lugubre. « C’est ici qu’étaient cachés ceux qu’on appelait les statues de bronze, des patients nus, été comme hiver, hommes et femmes mélangés, commente-t-il. On ne leur parlait pas, on ne les traitait pas. On les lavait le matin au jet d’eau et leur jetait de la nourriture. » C’était à la fin des années 1980.

Il a fallu livrer bataille, contre les autorités et contre le corps psychiatrique grec, complice. De purgatoire des âmes rejetées, l’asile de Leros où s’entassaient 2 800 malades est devenu un centre de traitement exemplaire qui compte 280 patients permanents. « Depuis que je suis directeur, personne n’est attaché et nous avons ouvert 13 maisons individuelles dans toute l’île pour que les patients puissent y vivre dignement, poursuit Yannis Loukas. Ces anciens du bloc 16 vivent désormais normalement. Certains travaillent dans notre coopérative. »

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