Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Vues d'ailleurs > Haïti : Santé mentale, l’analphabétisme parmi les facteurs de risque

Haïti : Santé mentale, l’analphabétisme parmi les facteurs de risque

le 6 novembre 2017

À quand une prise en charge efficace des pathologies mentales en Haïti ? Cette question qui préoccupe les institutions et personnalités sensibles à cette cause a une nouvelle fois été posée à l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre. La neurologue, Fabiola Dalvius, jette un regard désolant sur cette problématique dont la véritable ampleur semble échapper aux décideurs.

« Il n’y a pas de bien-être physique si le mental ne va pas bien », la neurologue souligne ainsi la fausseté des idées qui réduisent la santé au fonctionnement des organes physiques. Elle rappelle, pour mieux se faire comprendre, que les troubles mentaux provoquent souvent des symptômes cliniques. Un ensemble de préjugés sur la santé mentale méritent donc d’être combattus pour que les gens puissent agir de manière responsable quant à leur équilibre psychique, croit-elle.

Mais au-delà du manque d’information qui affecte le jugement de la majorité des Haïtiens, Dr Dalvius croit que les autorités ont failli leur mission de garantir un accès optimal aux soins mentaux à la population. Elle relève des lacunes dans la prise en charge des cas pathologiques notamment dans les deux principaux centres psychiatriques publics du pays, les hôpitaux Mars and Kline et Défilé de Beudet. « Le nombre des malades mentaux ne cesse d’augmenter et les cas sont de plus en plus divers », explique-t-elle.

Le défi de faire reculer le syndrome démentiel

Un ensemble de facteurs comme l’insécurité et la faible qualité de vie peuvent générer des troubles mentaux chez les Haïtiens. Ces facteurs qui provoquent le stress et même d’autres maladies représentent une menace importante dans la mesure où ils peuvent faire apparaitre le syndrome démentiel dans les troubles mentaux, précise la neurologue. C’est pourquoi elle affirme qu’il est nécessaire que les institutions publiques et privées recrutent des psychologues pour veiller à l’équilibre mental de leurs membres et éviter que ces derniers ne soient emportés par le stress.

L’analphabétisme est également un facteur de risque. Des études ont démontré que les personnes les mieux éduquées ont une plus grande résistance à la démence. Par conséquent, elle déclare que l’État a l’obligation de rendre accessible l’éducation à l’ensemble de la population pour diminuer les cas de démence. Elle conseille à tous de se cultiver à travers la lecture notamment pour acquérir des informations nouvelles qui les aideront à se prémunir contre la démence que risquent d’amener des situations stressantes.

Source Le National