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La Réunion : Selon l'ORS, la dépression touche 10% de la population

le 13 octobre 2016

[Clicanoo] Ce 10 octobre, c'est la journée mondiale de la santé mentale. Un jour tout indiqué pour la publication des résultats de l'étude menée par l'Observatoire régional de la santé (ORS) sur l'état de santé mentale des Réunionnais, selon leur propre perception. Les résultats permettent d'identifier les populations les plus exposées à la détresse psychologique, à la dépression, ou encore aux idées suicidaires, pour mieux adapter les politiques de prise en charge et de prévention à La Réunion.

Cette toute première approche de la perception des Réunionnais de leur santé mentale s'appuie sur un échantillon représentatif de près de 2000 Réunionnais enquêtés, de 15 à 75 ans, dans le cadre du baromètre Santé Dom 2014 réalisé par Santé Publique France.

La fréquence des troubles déclarés est comparable à ce qui est observé en métropole. Les Réunionnais sont ainsi exposés à la détresse psychologique, aux épisodes dépressifs caractérisés et aux tentatives de suicide à un niveau équivalent à celui de la population de métropole. En revanche, la prise de médicaments psychotropes est moindre à La Réunion.

Point par point, l'étude de l'ORS révèle que :

Les résultats de l'étude permettent de cibler les publics les plus exposés : les femmes témoignent davantage de ces difficultés psychologiques ou mentales.

Concernant la prise de médicaments psychotropes, c'est la classe d'âge des personnes de moins de 60 ans, et plus particulièrement les 31-45 ans qui est la plus exposée. A noter que la consommation de ces produits augmente avec l'âge.

Cette même tranche d'âge est aussi la plus touchée par la détresse psychologique, la dépression et les pensées suicidaires. En revanche, l'ORS souligne qu'il y a "peu de différences liées à l'âge pour les tentatives de suicide" et qu'on ne relève pas de "surexposition des adolescents et jeunes adultes et des personnes âgées".

On retrouve les difficultés financières, l'existence de maladies chroniques, ou des limitations fonctionnelles parmi les facteurs de ces troubles de la santé mentale.

Autre facteur, la consommation d'alcool à risque chronique, "sans pouvoir déterminer si cet usage à risque est la cause ou la conséquence" ds troubles psychologiques et mentaux recensés.

Sur la base de ces premières données, l'ARS, qui a sollicité cette enquête, souhaite poursuivre et engager les actions d'information générale sur la santé mentale, y compris la dépression, que les Réunionnais connaissent mal. Les actions futures portent également sur un meilleur accès aux soins et aux dispositifs d'écoute et d'assistance. En effet, "seulement la moitié des personnes ayant tenté de se suicider ou ayant connu un épisode dépressif caractérisé ont eu recours à des soins en rapport", précise l'étude.

Les médecins généralistes, premiers recours à ces troubles, seront également sensibilisés à leur repérage. Enfin, les personnes vulnérables par leurs conditions de vie, leur maladie, leur handicap, ou leur consommation d'alcool à risque, bénéficieront d'une prévention accrue. Autant d'orientations que devrait prendre en compte le nouveau Projet régional de santé.

Source Clicanoo