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Liban : Des volontaires depassent les tabous pour lutter contre le suicide

le 31 août 2018

Au Liban, les problèmes de santé mentale et les suicides sont un sujet tabou. Le christianisme et l'islam, les deux principales et très influentes religions du pays, condamnent le suicide.

Par peur d'être victimes de l'opprobre de la société, les familles préfèrent souvent dissimuler les suicides, compliquant la lutte contre ce phénomène."Certaines préfèrent dire que leur proche est tombé par peur d'être stigmatisées", explique Nour Kik du ministère de la Santé. Une étude réalisée en 2008 a estimé qu'un adulte libanais sur trois développera un trouble mental avant l'âge de 75 ans. Ravagé par une guerre civile de 15 ans (1975-1990), le Liban porte encore les stigmates de ce conflit avec des crises politiques à répétition. Les inégalités sociales restent par ailleurs très fortes. Le taux de suicide a récemment augmenté de manière alarmante mais les chiffres pourraient ne recouvrir qu'une partie de la réalité. Au cours des sept premiers mois de 2018, 89 personnes se sont donné la mort, contre 143 sur l'ensemble de 2017, selon les Forces de sécurité intérieure (FSI). En moyenne, une personne se suicide environ tous les deux jours et demi dans ce petit pays méditerranéen, selon les derniers chiffres. Pour secouer les mentalités et sauver des vies, de jeunes Libanais comme Nour Safieddine ont décidé de témoigner ouvertement du malaise profond qui les ronge ou de s'engager bénévolement.

Energie positive

Tombée dans une dépression paralysante après la mort soudaine de sa soeur et de son père il y a environ un an, Nour a partagé son expérience sur les réseaux sociaux, racontant également comment la course lui a permis de lutter contre la douleur. "J'ai décidé de donner de l'énergie positive à ces gens et je veux leur rappeler que la vie vaut la peine d'être vécue", dit cette coureuse au corps élancé. Les réactions positives ont afflué. "J'ai réalisé que mon expérience était similaire à celle de nombreuses personnes qui n'osaient pas parler", raconte-t-elle.

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