Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Vues d'ailleurs > Martinique : L'art, une brèche dans l'armure de la santé mentale

Martinique : L'art, une brèche dans l'armure de la santé mentale

le 21 octobre 2016

[France Antilles] Aujourd'hui, à la faveur de la Journée mondiale de la santé mentale, le Centre hospitalier Maurice-Despinoy (ex-Colson) a choisi de mettre en lumière le lien entre culture et santé. Il nous a ouvert les portes de son Centre d'accueil thérapeutique à temps partiel de Perrinon, à Fort-de-France.

L'atelier d'arts plastiques du Centre d'accueil thérapeutique à tempspartiel (CATTP) et Hôpital de jour (HDJ) Perrinon - section Centre, est peu connu du grand public. Mais pour ceux qui le fréquentent, c'est un lieu synonyme de créativité, d'apaisement, d'estime de soi, voire même de liberté.« En psychiatrie, nous avons l'opportunité d'avoir cet atelier qui permet aux patients de s'exprimer, de se valoriser, de s'affirmer aussi » , explique Patricia Dondon-Baur, technicienne supérieure hospitalière, l'une des deux plasticiennes du Centre hospitalier Maurice Despinoy. « On utilise des supports artistiques pour donner aux patients l'opportunité de se révéler. Parce qu'une fois qu'on est dans la maladie mentale, il y a cette stigmatisation ainsi que cette dévalorisation de l'individu face à la maladie » .L'enjeu est d'importance donc, puisqu'il s'agit tout à la fois de faire ressortir la valeur intrinsèque de l'usager et de lui faire prendre conscience de ses capacités, pour lui permettre de se projeter dans l'avenir de manière positive.

Le désir d'être utiles

Ce jour-là, ils sont quatre, encore présents, à dessiner ou peindre. Passée la première surprise de la rencontre, ils se livrent peu à peu, sans fard, et expliquent ce que cet atelier leur apporte. Philippe, par exemple, ancien peintre en bâtiment, nous dit comment la peinture l'aide à retrouver cette mémoire qui s'est envolée sans crier gare. Alexia, elle, souligne le bien-être que lui procure l'activité (voir Paroles d'usagers).Tous témoignent d'un prochain respect pour celle qui les encadre, Patricia Dondon-Baur. « La maladie mentale cloisonne. Le fait de venir ici, dans cet atelier, leur permet d'échanger avec d'autres personnes, de verbaliser. D'autant plus que beaucoup d'entre eux n'arrivent pas à verbaliser » .Couleurs et matières stimulent leur imaginaire, leurs pensées, conscientes ou refoulées, et les aident dans leur communication. « On a eu l'occasion de recevoir des usagers qui ne parlaient pas beaucoup, assez renfermés, timides » , raconte la plasticienne. « Et une fois qu'ils ont commencé à utiliser leurs mains, la couleur, la matière..., il y a eu un déblocage. Ils ont pu se révéler et montrer le meilleur d'eux-mêmes. Comme nous, ils ont ce désir d'être utiles à la société. Ils sont conscients d'être limités, en raison de la maladie. Notre but est de leur démontrer qu'ils sont capables de faire autre chose selon leur capacité, leur pathologie et de vivre normalement »Source France Antilles