Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Vues d'ailleurs > Méditerranée orientale : Apprendre à soulager les souffrances mentales

Méditerranée orientale : Apprendre à soulager les souffrances mentales

le 21 novembre 2016

[OMS] Former des agents de santé et autres professionnels aux soins de santé mentale permet de renforcer les capacités locales dans ce domaine, afin de répondre aux besoins de la Région de la Méditerranée orientale de l'OMS.

«Tant de personnes ont besoin de soins», déclare le Dr Dyaa Saymah, qui était encore récemment médecin responsable de la santé mentale pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Gaza. «La dépression, l’anxiété et le stress post traumatique sont courants tant dans la Bande de Gaza qu’en Cisjordanie.»

«Les destructions et pertes de grande ampleur subies en 2014 sont venues accroître le nombre de ceux qui étaient déjà blessés physiquement et psychologiquement, et qui ont besoin de soins et de soutien», dit le Dr Saymah, faisant référence à l’un des trois conflits de la dernière décennie qui ont apporté la mort et la destruction dans la Bande de Gaza.

Les situations d’urgence humanitaire et les conflits observés dans plusieurs parties de la Région OMS de la Méditerranée orientale, allant du Maroc au Pakistan, accroissent le besoin de soins en santé mentale.

C’est surtout en raison de ces situations d’urgence, dans plus de la moitié de ses 22 pays et territoires, que cette Région de l’OMS enregistre la plus forte prévalence de troubles mentaux et, plus précisément, de maladies dépressives et de troubles anxieux, selon l’étude sur la Charge mondiale de morbidité .

«Pendant et après des situations d’urgence complexes, la fréquence des troubles mentaux augmente de manière sensible et une large proportion de la population souffre de détresse psychologique et émotionnelle», affirme le Dr Khalid Saeed, Conseiller régional en santé mentale et troubles neurologiques au Bureau régional OMS de la Méditerranée orientale, au Caire.

«En ce moment, il est particulièrement important d’intégrer les interventions en matière de santé mentale et de soutien psychosocial dans les programmes d’action sanitaire et sociale», souligne-t-il.

«Les pays de la région ont fait des progrès en vue de l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires», indique-t-il. L’idée est que les soins de santé mentale puissent être dispensés par les prestataires de soins primaires, de façon à atteindre les personnes qui ont besoin de soutien et de soins appropriés.

«L’étendue des progrès réalisés varie d’un pays à l’autre, indépendamment du niveau de revenu du pays considéré, mais, selon les estimations, 76 à 85% des personnes atteintes de ces troubles ne reçoivent pas les soins et le traitement dont elles ont besoin», fait observer le Dr Saeed.

Plusieurs pays de la Région ont commencé à fournir des soins de santé mentale à un nombre plus élevé de personnes en formant des médecins, des personnels infirmiers et d’autres professionnels de la santé qui ne sont pas spécialistes de la question en utilisant le Guide d’intervention du programme d’action de l’OMS Combler les lacunes en santé mentale (Guide d’intervention mhGAP).

Ce guide explique comment les personnels infirmiers peuvent dispenser des soins cliniques pour la dépression, la psychose, les troubles bipolaires, la démence et autres affections mentales courantes. Pour l’instant, l’Afghanistan, l’Égypte, l’Iraq, la Jordanie, le Koweït, le Liban, le Pakistan, le Qatar, la République arabe syrienne, la Somalie, la Tunisie, ainsi que la Cisjordanie et la Bande de Gaza utilisent le manuel.

En Cisjordanie et à Gaza, une réforme générale des soins de santé mentale a été instituée en 2003 avec le soutien technique de l’OMS et le financement de l’Union européenne.

Des centres communautaires de soins de santé mentale autonomes ont été créés – 13 en Cisjordanie et six à Gaza – et, selon les rapports annuels du Ministère de la santé, le nombre de personnes qui s’y rendent en consultation augmente tous les ans. En outre, à Gaza, 40 centres publics de soins de santé primaires sur 54 offrent désormais des soins de santé mentale.

Cette réforme traduit une réorientation, recommandée par l’OMS où l’on passe du modèle de l’hôpital psychiatrique centralisé à un modèle centré sur les communautés –, qui intègre les soins de santé mentale dans les soins de santé primaires. L’élément le plus récent dans le domaine de la santé mentale en Cisjordanie est la création d’un master de psychothérapie d’une durée de 2 ans, l’un des quelques programmes de ce type dans la Région OMS de la Méditerranée orientale.

Le programme a débuté en janvier, pour un premier groupe de 15 étudiants, dont tous travaillent déjà dans le domaine de la santé mentale; il a pour objet de former ces étudiants, en bonne et due forme, à des interventions psychologiques comme la thérapie cognitivo-comportementale. La partie théorique du cours se déroule à l’Université Al Qods et elle comporte plus de 500 heures de pratique clinique supervisées par des tuteurs.

Source OMS