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Moyen-Orient : Le suicide et les maladies créent une "génération perdue"

le 7 septembre 2017

L’augmentation des suicides, de la dépression et de la violence liés à la guerre est en train de créer une véritable génération perdue au Moyen-Orient.

Le suicide, les homicides et les agressions sexuelles augmentent considérablement dans la région de la Méditerranée orientale par rapport à n’importe quelle autre région du monde selon une nouvelle recherche. Ces actes de violence ont représenté 1,4 million de décès en 2015 dans la région en plus des décès par les guerres à hauteur de 144 000 morts.

La violence endémique crée une génération perdue d’enfants et de jeunes adultes selon le Dr Ali Mokdad , l’auteur principal de l’étude et directeur des initiatives du Moyen-Orient à l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’Université de Washington . L’avenir du Moyen-Orient est sombre à moins que nous puissions trouver un moyen d’apporter la stabilité à la région .

Augmentation des maladies mentales

En plus de la violence dans la région, il y a eu une forte augmentation des maladies non transmissibles et des problèmes de santé mentale tels que la dépression, l’anxiété, le trouble bipolaire et la schizophrénie. La dépression et les troubles anxieux étaient les troubles mentaux les plus fréquents selon l’étude, publiée dans l’International Journal of Public Health . Les deux maladies touchent davantage les femmes que les hommes.

Avec la mondialisation et l’urbanisation de la plupart des sociétés, les femmes peuvent être exposées à de nombreux facteurs de stress qui ont des répercussions sur l’ensemble du ménage et les enfants en particulier selon le Dr Raghid Charara de l’Université américaine de Beyrouth et l’un des 500 collaborateurs de l’étude. Les troubles mentaux ont contribué à près de 11 millions d’années si on regarde la mesure connue comme l’espérance de vie corrigée de l’incapacité (EVCI) . L’EVCI mesure le poids d’une maladie et on l’obtient en multipliant la prévalence d’une maladie sur la perte de la santé sur le court ou long terme associé avec cette maladie. Et le problème est exacerbé par le manque de praticiens de la santé mentale et le financement des services.

Dans toute la région, le ratio des praticiens à 100 000 personnes était d’environ 7 en moyenne et il était d’environ 0,5 psychiatre pour 100 000 personnes dans des pays comme la Libye, le Soudan et le Yémen. En comparaison dans les nations européennes, le ratio varie de 9 à 40 pour 100 000. Nous devons avoir un plan complet pour nous appuyer sur les compétences existantes et les projets qui répondent aux défis de santé qui existent au niveau de la santé humaine, de la résilience environnementale et de l’équité sociale et économique selon le Dr Mokdad.

Le suicide et les violences interpersonnelles crèvent le plafond

En 2015, près de 30 000 personnes dans la région se sont suicidées et 35 000 autres sont mortes de violence interpersonnelle, soit des hausses de 100 % et 152 % respectivement au cours des 25 dernières années. Dans d’autres parties du monde pendant la même période, le nombre de décès par suicide a augmenté de 19 % et la violence interpersonnelle de 12 %. L’étude a révélé que la pendaison et l’empoisonnement sont les méthodes de suicide les plus répandues dans la région de la Méditerranée orientale. Les auteurs notent que les statistiques sur le suicide sont probablement sous-estimées en raison des obstacles culturels et religieux, de la stigmatisation sociale et des peines légales qui découragent les victimes sans oublier les familles et les gouvernements qui ne divulguent pas ces informations.

Source Houssenia Writing