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Québec : Hausse des tentatives de suicide dans le métro

le 12 janvier 2017

[La presse.ca] Les tentatives de suicide dans le métro de Montréal, en baisse au tournant de la décennie, ont bondi depuis 2014. La STM a rapporté 23 « tentatives de mort violente » l'an dernier, un sommet en neuf ans. Or, les deux tiers de ces personnes survivent dorénavant à cette collision extrêmement souffrante et handicapante. Le directeur général de la STM assure mettre « beaucoup, beaucoup » l'accent sur la prévention et la détection de gens en détresse sur les quais.

UNE CENTAINE DE MORTS EN 10 ANS

Une centaine de personnes ont mis fin à leurs jours dans le métro de Montréal entre 2005 et 2015 sur les 207 tentatives survenues lors de cette période, démontrent des données du Bureau du coroner et de la STM obtenues en vertu de la Loi sur l'accès aux documents publics. Vingt-trois personnes ont tenté de se suicider en 2015 dans le métro. C'est plus du double qu'en 2011, alors que 10 personnes avaient tenté de commettre l'irréparable. « Il faut faire attention, puisque ce sont de petits chiffres. La tendance en général, c'est une diminution », explique Brian L. Mishara, directeur du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie. Malgré la hausse récente des tentatives, la situation s'est améliorée par rapport au début des années 2000 et aux années 90.

Nombre de « tentatives de mort violente »

SANTÉ MENTALE

Le nombre de morts par suicide dans le métro a légèrement diminué dans les dernières années. En 2014, cinq personnes sont mortes en 20 tentatives, contre huit personnes l'an dernier. En 2005, on comptait 18 morts pour 30 tentatives. Ainsi, de 2010 à 2015, les deux tiers des personnes ont survécu à leur tentative, alors que lors des six années précédentes, seulement 40 % d'entre elles avaient survécu. Dans une majorité de cas, les personnes qui sont mortes souffraient d'une maladie mentale diagnostiquée, selon les dizaines de rapports du coroner consultés par La Presse . « Avoir un trouble de santé mentale ne cause pas le suicide, mais augmente le risque. [...] D'ailleurs, 90 % des gens qui meurent par suicide au Québec ont un problème de santé mentale », explique Brian Mishara.

Décès lors de tentatives de suicide par collision avec le métro, selon le Bureau du coroner, avril 2016

UN SUJET « TRÈS SENSIBLE »

Le suicide dans le métro est un sujet « très sensible », voire tabou, à la Société de transport de Montréal (STM) qui en parle rarement publiquement. Mais ces drames humains, qualifiés sobrement d'« incidents » dans les messages diffusés dans le métro, demeurent une réalité, et évitables. Le professeur Brian Mishara insiste pour défaire une croyance partagée, selon les études, par les personnes qui tentent de se suicider : non, ce geste n'assure pas de « mourir sans douleur immédiatement ! ». « La majorité des gens ne meurent pas. Ceux qui meurent peuvent souffrir énormément, et ceux qui ne meurent pas, quand ils sont frappés par le train, subissent énormément de dommages physiques et [souffrent] de handicaps à vie », martèle le chercheur.

« ON EN DÉTECTE PLUSIEURS »

Les suicides dans le métro sont « très préoccupants », affirme Luc Tremblay, directeur général de la STM, dans une entrevue accordée le mois dernier. Le dirigeant assure que d'importants efforts sont déployés pour prévenir ces gestes de détresse. « On a fait des études avec des spécialistes. Il est possible de détecter des gens qui sont en détresse sur des quais. C'est pour ça qu'on met de plus en plus de gens sur les quais pour s'assurer qu'on les détecte. Et on en détecte plusieurs. Je reçois le sommaire des incidents dans le métro tous les matins, et on a des cas qu'on a réussi à désamorcer », explique-t-il. La STM a également installé un système de détection d'intrusion dans les tunnels.

Source La presse.ca