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Royaume-Uni : Le manque d’une perspective de genre dans la prise en charge des centres de santé mentale

le 14 décembre 2016

[Somapsy] Les services de santé mentale du Royaume-Uni manquent d’une perspective de genre dans la prise en charge. Seul un NHS Mental Health Trust sur 35 a développé une stratégie de santé mentale qui répond aux besoins de santé mentale spécifiques des femmes.

L’organisation britannique Agenda: Alliance for Women & Girls at Risk a réalisé une étude auprès des NHS Mental Health Trust pour savoir si les centres de santé mentale mettaient ou non en œuvre une stratégie de santé mentale en adoptant une perspective de genre. Cette organisation regroupe plus de 60 entités et vise à lutter contre les inégalités, la violence et les abus commis contre les femmes et les petites filles. En avril 2016, Agenda a réalisé une enquête auprès de 35 trusts de santé mentale, sur les 57 qu’il y a en Angleterre, en les interrogeant sur la façon dont ils répondent aux besoins des femmes à travers la planification et la mise en œuvre des services.

Les résultats de l’étude montrent que la moitié des trusts analysés n’ont aucune politique ou ne pratiquent aucune consultation de routine pour demander aux patientes si elles ont été victimes de certains abus. Quatre trusts sur cinq n’offrent pas à ces patientes la possibilité d’être reçues par une professionnelle de sexe féminin.

Ces résultats reflètent l’absence d’une conscience de genre dans les organisations sanitaires, bien qu’il existe des études qui montrent que les hommes et les femmes sont confrontés à des problèmes de santé mentale différents, qu’ils les expriment de façon différente et qu’ils apparaissent à partir de différentes expériences liées au genre.

Souvent, les femmes ont besoin d’une professionnelle de sexe féminin pour se sentir plus à l’aise lorsqu’elles partagent leurs expériences dans le cadre d’une thérapie. Elles ont besoin des conseils d’une personne experte, qui comprend ce que sont les abus physiques ou sexuels et le trauma.

Pour surmonter ces carences, l’organisation britannique recommande d’adopter une perspective de genre dans l’ensemble des aspects du traitement, de mettre en place des consultations de routine avec des questions liées au genre et aux expériences d’abus ou de violence, d’offrir des services spécifiques au genre et d’inclure les patientes dans la conception des services.

Pour mieux sensibiliser sur les besoins spécifiques des femmes dans le cadre de la santé mentale, Agenda a lancé la campagne #Womeninmind, qui se bat pour que chaque communauté dispose d’une stratégie de genre en matière de santé mentale, qui reconnaît les différences entre les hommes et les femmes. Ce changement d’approche peut avoir un impact considérable sur le NHS en réduisant le poids de la santé mentale.

Source Somapsy