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Soudan du Sud : Il faut se préoccuper de l’impact dévastateur de la guerre sur la santé mentale

le 11 juillet 2016

[Amnesty International] Dans un nouveau rapport, intitulé « Our hearts have gone dark »: The mental health impact of South Sudan’s conflict , l’organisation fournit des informations sur l’impact psychologique des massacres, viols, actes de torture, enlèvements et même d’un cas de cannibalisme forcé, sur les victimes et les témoins de ces crimes.

« Si les décès et les destructions matérielles causés par le conflit et les précédentes décennies de guerre sont immédiatement apparents, les cicatrices psychologiques, moins visibles, sont négligées », a déclaré Muthoni Wanyeki, directrice régionale pour l’Afrique de l'Est, la Corne de l’Afrique et les Grands lacs à Amnesty International.

« Si la fin des atrocités parmi lesquelles la torture, le viol et le meurtre devrait être une première mesure d’urgence évidente afin de prévenir tout impact supplémentaire sur la santé mentale, il convient également d’agir pour réparer les dégâts déjà provoqués, en prodiguant des soins et d’autres réparations adéquates aux victimes.  »

S’appuyant sur des entretiens réalisés auprès de 161 victimes et témoins de violations des droits humains, ainsi qu'auprès de spécialistes de la santé mentale, de responsables du gouvernement et des Nations unies, et de représentants d’organisations non gouvernementales, le rapport met en évidence une grave pénurie de services de santé mentale à travers le pays pour les personnes ayant besoin de soutien et de soins.

Du fait de cette absence quasi-totale de services, certains troubles psychologiques tels que la dépression et le syndrome de stress post-traumatique ne sont pas traités. On ne compte actuellement que deux psychiatres en exercice dans ce pays de 11 millions d’habitants, et les personnes souffrant de troubles psychologiques sont régulièrement placées dans des prisons plutôt que soignées, alors qu’elles ont désespérément besoin d’aide.

Beaucoup des personnes interrogées ont décrit des symptômes correspondant au syndrome de stress post-traumatique et à la dépression, notamment des cauchemars, une tendance à l’irritabilité et une incapacité à se concentrer.

Source Amnesty International