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Suisse : Solutions contre la stigmatisation des sourds en psychiatrie

le 7 octobre 2015

[Planète Santé] Les personnes sourdes sont très largement stigmatisées dans notre société. Doublement fragilisés, les patients sourds ayant des troubles mentaux souffrent d’erreurs médicales ou perdent leur autonomie lors des soins psychiatriques à cause de préjugés. Une meilleure connaissance de leurs aptitudes de communication et l’intervention d’un interprète en langue des signes garantissent une amélioration de la prise en charge clinique de ces patients.

La surdité n’affecte pas tout le monde de la même manière en raison de multiples facteurs: origine de la perte de l’ouïe, accès aux soins et à une éducation spécialisés, développement cognitif, ou encore environnement social et affectif. La méconnaissance de cette condition aboutit à des préjugés non seulement dans la population générale mais aussi chez les soignants.

Handicap vs  appartenance socio-culturelle

On peut distinguer deux conceptions de la surdité. Dans un premier modèle dit d’invalidité, les personnes sourdes sont considérées comme des handicapés car leur état est jugé pathologique. Ce modèle concerne la majorité des personnes dont la surdité est postlinguale, c’est-à-dire survenue après l’âge de parler (après deux ans) suite à un accident ou une maladie par exemple. Selon ce concept, l’invalidité nécessite une intervention médicale visant à corriger ou compenser la perte d’audition.

D’un autre côté, les sourds prélinguaux – dont la surdité est conjointe à la naissance ou au développement de l’enfant avant sa deuxième année – se considèrent le plus souvent comme appartenant à un groupe socio-culturel distinct et non comme des invalides. Ce groupe a sa propre histoire et sa propre langue: la langue des signes.

Ces deux conceptions de la surdité qui s’opposent mais cohabitent sont à l’origine de problèmes de communication avec les entendants et ont des implications importantes sur la prise en charge des patients sourds. Par exemple, le refus de se faire poser un implant cochléaire est souvent mal compris par le soignant alors qu’il est cohérent avec une construction socio-culturelle de la surdité.

Source Planète Santé