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Suisse : Troubles psychiques, qui décide de nos maux?

le 7 septembre 2017

A partir de quand un trouble mental devient-il une maladie? A la Fondation Brocher près de Genève, des chercheurs en bioéthique réfléchissent à cette question fondamentale avec de jeunes adolescents

Dépression, dyslexie, hyperactivité... Ces maux des temps actuels suscitent des questionnements éthiques: qui décide qu’un comportement ou des émotions relèvent de la pathologie, et quelles sont les répercussions de cette décision sur le patient? Afin de mener une réflexion transdisciplinaire, biologistes, philosophes, neurologues et anthropologues sont régulièrement en résidence à la Fondation Brocher à Hermance, près de Genève.

La nouveauté de cet été? Des rencontres entre ces scientifiques et des enfants sont organisées par le Mouvement Jeunesse Suisse romande (MJSR). Des échanges que les chercheurs souhaitent ensuite intégrer à leurs travaux.

«Est-ce que je dois prendre des médicaments si je suis dyslexique?» questionne Aline, 12 ans. Dans les jardins de la Fondation Brocher, une neurobiologiste et une anthropologue hollandaises sont encerclées d’enfants aux mains levées. Venues dans ces lieux pour y approfondir leurs travaux, les deux chercheuses participent à un atelier de médiation scientifique conçu par Animascience, un des pôles d’actions du MJSR.

Définitions mouvantes

«Définir une maladie mentale n’est pas une chose aisée et ces décisions sont souvent sujettes à controverses, car elles sont susceptibles d’évoluer en fonction des normes sociales. Nos cerveaux sont tous différents et il n’est écrit «dépressif» sur le front de personne», explique ainsi Esther Van Duin, neurobiologiste à l’Université de Maastricht aux Pays-Bas.

Source Le Temps