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Syrie : Les conséquences de la guerre civile sur la santé mentale des réfugiés

le 3 janvier 2017

[Somapsy] Outre la dépression, le trouble que l’on retrouve le plus chez les réfugiés est le stress post-traumatique. Pourtant, seuls 5 % d’entre eux ont bénéficié d’un traitement psychologique dans les pays d’accueil tels que la Jordanie, le Liban et la Turquie. La guerre de Syrie a provoqué 500 000 décès en cinq ans, plus de 4 millions de réfugiés et près de 12 millions de personnes déplacées, avec les conséquences physiques et psychologiques que cela implique.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les problèmes de santé les plus fréquents au sein de la population syrienne déplacée sont : la dépression, le deuil complexe persistant, le stress post-traumatique et l’anxiété. De nombreux réfugiés, parmi lesquels des enfants, ont dû vivre dans des camps de réfugiés au moins un an avant d’être transférés. L’absence de traitement adéquat et des niveaux de stress élevés aggravent leur situation. De plus, l’accès aux soins continue d’être un obstacle pour la plupart d’entre eux.

Bien que l’on ne dispose pas de chiffres concernant le nombre de réfugiés syriens souffrant de troubles psychologiques en Europe, une étude publiée en 2015 par la Chambre allemande des psychothérapeutes souligne que la moitié des réfugiés résidant en Allemagne- qui est la destination finale d’une grande partie de ceux qui sont arrivés sur les côtes grecques- souffrent de problèmes de santé mentale. 70 % des réfugiés ont, de plus, vécu des situations violentes et 50 % en ont été victimes. Selon les autorités turques, plus de la moitié des réfugiés syriens qui se trouvent dans ce pays ont besoin de soutien psychologique.

En ce qui concerne les enfants réfugiés, l’ONG International Medical Corps (IMC) a souligné que l’épilepsie, les troubles intellectuels et de développement ainsi que divers troubles émotionnels représentent les situations les plus habituelles. Ces problèmes de santé mentale ont des conséquences graves à long terme, à partir du moment où les enfants ont besoin de mobiliser davantage de ressources à l’école et lors de leur transition vers le monde du travail. Pour ce qui est de l’éducation, les Nations Unies estiment que plus de la moitié des enfants syriens n’étaient pas inscrits dans les écoles des pays d’accueil au milieu de l’année 2015. Par ailleurs, les femmes et les jeunes filles sont souvent exposées au risque de violence sexiste, d’exploitation sexuelle ou de mariage forcé. 91 % des Syriennes âgées de 15 à 18 ans et vivant dans des camps de réfugiés ne sont pas allées à l’école en 2014, étant obligées de travailler pour survivre.

Recommandations pour l’amélioration de la situation sanitaire des réfugiés

L’ONG International Medical Corps a identifié une série de défis et de recommandations à suivre pour améliorer la situation des réfugiés. Tout d’abord, les soins de santé mentale devraient faire partie intégrante du système général de santé, afin d’aider à réduire la stigmatisation des personnes qui vont chercher une prise en charge en santé mentale. Il s’agit ensuite d’améliorer la formation en santé mentale des médecins généralistes et d’augmenter le nombre de professionnels de santé syriens dans les établissements hospitaliers turcs. Cela permettrait d’améliorer l’accès des réfugiés syriens à ce service. Par ailleurs, il est nécessaire que la communauté internationale fournisse des ressources supplémentaires aux pays d’accueil et qu’une priorité soit accordée aux troubles de développement des enfants.

Afin de pouvoir coordonner les services proposés par différents organismes, le ministère libanais de la Santé a établi en 2014, en partenariat avec l’UNICEF et l’OMS, un programme de soutien à la santé mentale et d’aide psychologique. Le rapport du Migration Policy Institute recommande la mise en place de programmes comme celui-ci dans les pays accueillant des réfugiés, avant tout pour réduire la vulnérabilité des enfants. Le fait de ne pas répondre aux besoins en santé mentale des enfants peut avoir un impact négatif sur leur développement à l’adolescence et risque de créer une génération perdue.

Source Somapsy