La santé mentale des jeunes

Mise à jour : 18/11/2020
La santé mentale des jeunes
Passer de l'enfance à l'âge adulte implique de grands bouleversements. Pour mieux vivre les hauts et les bas de l'adolescence, nous pouvons trouver soutien et écoute autour de nous.

Entrer dans l’adolescence et en sortir

La jeunesse apparaît souvent comme une période enviable de l’existence : la liberté commence, le monde s’ouvre à nous. La plupart des jeunes disent d’ailleurs que tout va bien pour eux. Mais on peut aussi se sentir mal à l’aise avec les autres durant l’adolescence, s’angoisser pour le futur et ressentir une souffrance morale parfois intense.

A partir de l’âge de 12 ans et jusqu’à 25 ans, chacun vit à sa façon la transition entre l’enfance et l’âge adulte. Ce sont des années où nous affirmons notre identité, nous gagnons notre autonomie, nous prenons des décisions importantes pour notre avenir professionnel.  

Les hauts et les bas font partie des étapes normales, depuis l’entrée dans l’adolescence jusqu’au moment où l’on en sort. Ces turbulences laissent alors place, la plupart du temps, à une plus grande stabilité. Chercher du soutien autour de nous durant cette période chahutée, demander de l’aide en cas de mal-être : autant de réflexes qui permettent de préserver notre santé mentale.  

Pourquoi c’est parfois compliqué

Bien souvent, nous devenons adultes sans même y penser. Mais à y regarder de près, l’adolescence est une période où nous devons relever des défis de toutes sortes. Cela paraît facile à certaines ou certains, difficile à d’autres. Parfois un nouveau problème surgit et sur le moment, il nous semble insurmontable. 

En effet il s’agit, en quelques années, de : 

  • s’adapter « dans sa tête » à un corps qui se transforme sous l’effet de la puberté, avec à la fois :
    • une poussée de croissance, parfois très rapide
    • un poids doublé entre 9 et 15 ans
    • une modification de la silhouette
    • un développement des organes sexuels
  • se sentir femme, homme, ou ne pas se retrouver dans les catégories de genre, et faire face au regard des autres
  • découvrir une sexualité adulte, qu’elle soit hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle ou autre
  • faire le constat que ses parents – et les adultes en général – sont imparfaits et faillibles
  • construire son identité, trier entre ce qu’on garde et ce qu’on laisse de son éducation
  • développer des amitiés, chercher des compagnes ou des compagnons loin de son cercle habituel ou familial
  • acquérir progressivement son autonomie 
  • choisir une formation ou un métier, décider de poursuivre des études ou de chercher un emploi.

Et nos parents dans tout ça

À l’adolescence, les relations avec nos parents changent. Nous aspirons à plus d’autonomie. Jusqu’à 18 ans pourtant, nous restons légalement sous leur autorité. Quant à l’indépendance financière, elle peut venir plus tard qu’imaginé, car la durée des études s’allonge, tandis que le chômage touche particulièrement les jeunes. Ce décalage entre nos souhaits et la réalité peut être source de tensions avec nos parents. 

De leur côté, nos parents sont bousculés par notre entrée dans l’adolescence. Ils et elles doivent évaluer quelles libertés nouvelles nous accorder au fur et à mesure que nous avançons vers l’âge adulte. Nos choix peuvent ne pas être en accord avec les leurs. 

Leur attitude et la nôtre ont une influence importante, durant cette période, sur notre santé mentale. Notre bien-être devient de plus en plus notre affaire, mais nos parents ou les adultes qui sont responsables de nous sont également concernés. 

Quelques idées reçues sur la santé mentale 

“Les psys c’est pour les fous”

EN FAIT : Les « psys » peuvent aider toutes les personnes qui en ont besoin et qui le souhaitent. Parce qu’ils ont une formation spécifique, et parce qu’ils ne font pas partie de nos relations amicales ou familiales, nous pouvons aborder avec eux des questions très personnelles. Ils ne nous jugeront pas et ne parleront pas à d’autres de nos problèmes.

« Quand on dit : t’es ‘bipo’, ‘schizo’… Ce sont des ‘insultes gentilles’ »

EN FAIT : Les personnes qui sont confrontées à ces maladies souffrent de la stigmatisation qui y est associée : honte d’en parler, isolement, perte de confiance… Utiliser ces termes comme insultes, participe à cette stigmatisation.

Demander de l’aide, une preuve de maturité

Etre libre c’est bien, être écouté c’est mieux

A l’adolescence, nos émotions sont intenses et notre état psychique change rapidement. Nous pouvons passer du plus bas au plus haut en quelques heures ou quelques jours. Le mal-être, même très prononcé, peut n’être que passager. Des symptômes de troubles psychiques peuvent apparaître à cet âge et disparaître ensuite, ou pas. 

Ce temps est aussi celui des risques. On se cherche, on teste les limites, on joue avec les interdits. Les expériences, les choix, et les problèmes éventuels de l’adolescence ont des conséquences pour une bonne partie de notre vie ensuite. Beaucoup de trajectoires sont possibles, du pire au meilleur, et vice versa. C’est pourquoi il est important de savoir où placer les limites et de ne pas être seule ou seul à en juger.

Nous avons besoin d’être libres, mais nous avons également besoin d’écoute, de soutien, de protection et parfois, de soins. Savoir demander de l’aide lorsque cela est nécessaire, c’est aussi une preuve de maturité et d’autonomie. 

Vers qui nous tourner

Face à une difficulté, en cas de détresse, il ne faut pas hésiter à s’adresser au professionnel de santé le plus accessible, en sollicitant l’infirmerie scolaire ou celle de notre lieu d’études, le service de médecine du travail ou notre médecin traitant. Par ailleurs, des lieux et des lignes d’écoute créés spécialement pour les jeunes existent. Leurs services sont gratuits et confidentiels. Voici les principaux :  

Obtenir des réponses à nos questionnements  

Lorsque nos doutes deviennent trop forts, que nos questions restent sans réponse, il peut être utile de s’en ouvrir à une personne de confiance et de demander des conseils. Les proches ne peuvent se substituer au médecin ou au psychothérapeute, mais peuvent apporter un soutien essentiel.

« Suis-je normale ou normal ? » est sans doute l’interrogation la plus fréquente à l’adolescence. Les modifications liées à la puberté, l’apparence physique, le fonctionnement mental, les sentiments : tous ces domaines peuvent susciter un tel questionnement. 

“Comment savoir si je suis hétéro, homo, bi ?” L’orientation sexuelle peut aussi être un sujet de doute. 

“Je ressemble à une fille mais je me sens plus garçon” (ou l’inverse, ou ni l’une ni l’autre). L’identité du genre peut ne pas être une évidence. 

Nous pouvons aussi décider de nous faire aider si nous avons subi un traumatisme dont le souvenir ou les conséquences nous font souffrir. Il peut s’agir notamment : 

  • d’une maltraitance physique, actuelle ou passée
  • d’agressions physiques ou sexuelles, d’un viol, récents ou anciens 
  • d’un harcèlement moral ou physique, de cyberharcèlement, de chantage
  • d’un mariage forcé, de mutilations sexuelles. 

Les signes auxquels prêter attention

La plupart du temps, le mal-être – lorsqu’il survient – se manifeste de façon évidente. Nous ressentons de la tristesse, du désespoir, de l’angoisse ou de l’épuisement. Nous avons des idées noires. Mais il arrive, parfois, que nous n’ayons pas vraiment conscience de notre propre souffrance.

Certains signes peuvent alors nous alerter. Notre entourage aussi, que ce soit nos amies et amis, nos parents, nos frères, nos sœurs ou nos professeurs, peut les repérer et réagir. Si ces signes s’accumulent et durent plus de 6 mois, cela indique que notre santé est en danger. Il faut alors chercher l’aide de professionnels.

Il est temps de le faire si, par exemple, on se trouve incapable de faire face aux tâches du quotidien ou aux exigences des relations sociales. Notamment dans les situations suivantes : 

  • impossibilité de se rendre au collège, au lycée, sur notre lieu de formation ou à notre travail 
  • difficultés à entrer en contact avec les autres
  • problèmes sexuels.

Parfois, c’est la répétition d’une même situation qui peut alerter, comme : 

  • l’accumulation de douleurs physiques, d’accidents ou de maladies
  • des troubles du sommeil qui durent 
  • une succession d’échecs, par exemple aux examens.

Les actes destructeurs pour nous-mêmes sont à prendre en compte, d’autant plus s’ils sont fréquents. Notamment : 

  • la consommation excessive ou à risque d’alcool, de cannabis ou d’autres drogues illégales, de tabac, de médicaments ou bien de jeux vidéo, de jeux d’argent, de sexe
  • des blessures volontaires, par exemple des scarifications
  • des restrictions alimentaires excessives évoquant une anorexie ou des excès évoquant la boulimie, qu’ils soient accompagnés ou non de vomissements provoqués
  • des prises de risques sur la route, dans des sports extrêmes ou d’autres circonstances
  • des tentatives de suicide

Des actes agressifs, aussi, peuvent être le signe d’un mal-être nécessitant de l’aide, comme : 

  • vols
  • agressions physiques
  • harcèlement infligé à autrui
  • autres conduites délinquantes.

Avec un ou une psychologue, psychiatre ou psychothérapeute, on peut aborder des questions très personnelles. Il peut toutefois arriver que le ou la « psy » que nous voyons ne nous convienne pas. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à en rencontrer un ou un autre.

  • Consulter la rubrique “Santé et bien-être” sur le site du Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, jeunes.gouv.fr
  • Trouver un lieu d’écoute anonyme et gratuit près de chez soi grâce au site CartoSantéJeunes
  • Trouver une aide psychologique pour les étudiantes et les étudiants (Apsytude)
  • Si l’on est parent d’ado, regarder les vidéos explicatives du site suisse MonAdo.ch pour nous aider quand nous nous sentons dépassés avec le cannabis ou les écrans
  • Commander le livret d’information Votre adolescent vous inquiète, de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam).

Cet article a été écrit par Psycom à partir de sa brochure Santé mentale et jeunes.

Les membres de l’équipe Psycom déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec des entreprises fabriquant ou commercialisant des produits de santé (médicaments, dispositifs médicaux, matériel médical, e-santé, marketing médical, etc.).