Dès le début d’un traitement médicamenteux, il est utile de prévoir les modalités de sa diminution et/ou de son arrêt.
Lorsque la décision est prise de diminuer ou d’arrêter un traitement psychotrope, quelques précautions sont nécessaires. En effet, une diminution trop rapide des doses ou un arrêt brutal peuvent causer des symptômes de sevrage. C’est-à-dire des troubles physiques et psychiques consécutifs à la privation d’un médicament auquel l’organisme s’est habitué.
Les symptômes de sevrage sont fréquents. D’autant plus quand la diminution des doses est trop rapide, quand le traitement a été long, les doses élevées et que les médicaments étaient à demi-vie d’élimination courte (Voir Lexique à la fin de l’article).
En effet, plus la demi-vie d’élimination d’un médicament psychotrope est courte, plus il disparaît vite de l’organisme, ce qui favorise l’apparition de symptômes de sevrage. Ces symptômes sont très variés et variables d’une personne à l’autre. Ils peuvent être légers et diminuer spontanément chez certaines personnes, mais ils peuvent être intenses chez d’autres.
Après une prise prolongée de médicaments psychotropes, il est courant de craindre une rechute lorsque des symptômes apparaissent lors de la diminution des doses. Pourtant, il peut s’agir de symptômes de sevrage plutôt que d’une rechute. Mais comment le savoir ?
Des critères peuvent aider à faire la différence : lorsque les symptômes surviennent rapidement à la diminution des doses ou à l’arrêt du médicament, il est très probable qu’il s’agisse de symptômes de sevrage. Dans ce cas, ils diminuent généralement en quelques jours, si l’on remonte les doses ou si l’on reprend le médicament arrêté.
Alors qu’une rechute, c’est-à-dire la réapparition des symptômes qui avaient motivé la prise du médicament, apparaît plus progressivement et plus tardivement après l’arrêt du médicament. De plus, si l’on reprend son traitement, l’amélioration des symptômes prend plus de temps.
D’où l’intérêt d’un accompagnement par une ou un professionnel de santé tout au long du processus de diminution ou d’arrêt, qui pourra aider à distinguer sevrage et rechute.
En bref, pour réduire les effets du sevrage, la diminution des doses de médicaments psychotropes doit être très progressive et adaptée à chaque personne : plusieurs semaines, voire plusieurs mois ou plusieurs années dans certaines situations.
Les symptômes de sevrage et les modalités de diminution et d’arrêt diffèrent selon les médicaments psychotropes et selon les personnes. Ces informations seront détaillées dans les pages dédiées à chaque groupe de médicaments (voir plus bas).