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Article : Les adultes autistes sont là, parmi vous

le 25 mai 2016

[Huffington Post] "Ils sont làààà...". Cette réplique cinématographique laissée en suspens évoque avec un doux effroi le film "Poltergeist" qui a enfanté quelques accablantes nuits d'insomnie chez certains individus. C'est pourtant cette phrase toute banale qui rapplique impulsivement dans mon esprit quand on me demande où sont les adultes autistes aujourd'hui.

En réalité, ils sont tout bonnement partout, tout autour de vous, mais vous l'ignorez tout simplement. Mais ne craignez rien, ils sont outrageusement pacifiques et avec les zombies, entités maléfiques ou monstres apeurants, ils ne partagent aucune similitude.

Car contrairement à certaines légendes urbaines malheureusement entretenues encore de nos jours, l'autisme n'est pas une maladie infantile qui s'estompe spontanément comme les picots cramoisis de la varicelle ou une mordante otite. Les individus sur le spectre autistique ne sont pas non plus apparus par génération spontanée depuis les 10 ou 15 dernières années, sortis d'une boîte à surprise, comme la nouvelle île volcanique issue de la chaîne d'Ogasawara ou la plastique mode des sandales Crocs.

Moi, avec le syndrome d'Asperger ?

J'ai été de ceux et celles qui glissent malencontreusement sous la vigilance du radar. La quête de mon diagnostic a suivi la longue introspection de trois décennies de "Mais qu'est-ce qui cloche chez moi?". Rien, ni malformation organique, ni maladie mentale, ni traumatisme crânien ne parvenait à expliquer avec une logique implacable mes malaises en compagnie de personnes pourtant familières, mon épuisement corporel intense lorsque je me retrouvais captive d'endroits bruyants, mon obsession pour certains champs d'intérêt pointilleux et souvent peu populaires.

Pourtant, encore aujourd'hui, même avec mon diagnostic officiel, on me répète, sourcils sévèrement froncés et avec la régularité prévisible d'un métronome que "Ça ne paraît pourtant pas, en es-tu bien certaine?". Mais qu'est-ce qui échappe donc effrontément à l'œil averti et qui ne le devrait pas? Comme si une courge bien mûre devrait me pousser en plein centre de l'os frontal ou si je devais avoir la peau bleu ciel d'été comme les Na'vis dans "Avatar".

Source Huffington Post