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Troubles addictifs

Les troubles addictifs regroupent l’alcoolisme, les toxicomanies, le tabagisme et les addictions comportementales (ex : jeu). Cette rubrique permet de mieux les connaître.

Quelques définitions

Les troubles addictifs regroupent : alcoolisme, toxicomanies, tabagisme et addictions comportementales (ex : jeu, internet). Les substances psychoactives à risque de dépendance (alcool, tabac, drogues, etc.), agissent sur le circuit de récompense du cerveau. Ce circuit est impliqué dans le plaisir lié à des comportements, notamment de nutrition et de reproduction de l’espèce. Les substances psychoactives sollicitent anormalement ce circuit naturel et entraînent la possibilité de son déséquilibre permanent. Plus on consomme un produit à des doses toxiques, plus on en subit les conséquences. À l’inverse, moins on consomme un produit, ou si on le consomme à des doses non toxiques, moins on en subit les conséquences1.

On distingue 4 catégories d’utilisateurs2:

Classification des troubles psychiques

Il existe plusieurs façons de décrire les troubles psychiques, correspondant à différents courants de l’histoire de la psychiatrie. A l’heure actuelle, deux classifications internationales des diagnostics psychiatriques sont utilisées :

  • Classification internationale des maladies de l’Organisation Mondiale de la santé, dixième version (CIM-10),
  • Diagnostic Statistical Manual, cinquième version (DSM-V), développé par l’Association américaine de psychiatrie.

Elles proposent une description clinique de syndromes (ensemble de symptômes) mais ne tiennent pas compte de l’origine des symptômes, ni de la personnalité qui les accompagne. Pour les troubles anxieux, les principaux syndromes décrits dans ces classifications sont les suivants : attaque de panique, trouble panique, trouble anxieux généralisé, troubles phobiques, trouble obsessionnel compulsif et état de stress post-traumatique.

Diagnostic des troubles addictifs

Les classifications distinguent la dépendance (l’addiction), et l’usage nocif ou l’abus de substance.

Dépendance

Ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et physiologiques, survenant à la suite d’une consommation répétée d’une substance psychoactive, associés à :

Usage nocif 

Mode de consommation d’une substance psychoactive qui est préjudiciable pour la santé physique et/ou psychique (CIM-10).

Une dépendance variable en fonction des substances3

  • Héroïne : dépendance physique et psychologique très fortes.
  • Tabac : dépendance physique forte et psychologique très fortes.
  • Alcool : dépendance physique et psychologique très fortes.
  • Cocaïne : dépendance physique faible et dépendance psychologique forte mais intermittente.
  • Benzodiazépines : dépendance physique moyenne et dépendance psychologique forte.
  • Ecstasy : dépendance psychique très faible et dépendance physique inconnue.
  • Psychostimulants : dépendance physique faible et dépendance psychologique moyenne.
  • Cannabinoïdes : dépendance physique et psychologique faibles.

Addiction aux drogues illicites

Héroïne et opiacés

Cocaïne et crack 

Ecstasy

Cannabis

Évaluation de la consommation de cannabis

  • Avez-vous déjà fumé du cannabis avant midi ?
  • Avez-vous déjà fumé du cannabis lorsque vous étiez seul(e) ?
  • Avez-vous déjà eu des problèmes de mémoire quand vous fumiez du cannabis ?
  • Des amis ou des membres de votre famille vous ont-ils déjà dit que vous deviez réduire votre consommation de cannabis ?
  • Avez-vous déjà essayé de réduire votre consommation sans y arriver ?
  • Avez-vous déjà eu des problèmes à cause de votre consommation de cannabis (disputes, mauvais résultats…).

Test CAST : 3 réponses positives ou plus = consommation à problèmes.

Addiction aux médicaments psychotropes

Les tranquillisants et les somnifères (anxiolytiques et hypnotiques de la famille des benzodiazépines) entraînent 2 types de dépendances.

Dépendance à faible dose

Celle des personnes qui ont commencé par un « petit » tranquillisant ou un « petit » somnifère et qui, au bout de plusieurs années, n’arrivent plus à s’en passer. Il n’y a pas d’augmentation spectaculaire des doses, ni d’ivresses ou de phases d’amnésie antérograde. Les inconvénients majeurs de ce type de dépendance au long cours sont :

Dépendance à forte dose

De type toxicomaniaque. Souvent les toxicomanes utilisent ces substances comme calmants (pour « faire parachute » après une montée trop forte de cocaïne, de crack, ou d’amphétamines) ou comme enivrants (pour remplacer l’euphorie de l’héroïne).

Associés à l’alcool, ils en augmentent les effets et conduisent souvent à des épisodes de passage à l’acte avec amnésie antérograde (oubli à mesure). Ces médicaments ont aussi pu être utilisés comme « drogues de soumission » de façon criminelle (viols, vols…).

Addiction à l’alcool

C’est, de loin, la substance psychoactive la plus consommée en France. Les expérimentateurs représentent 46,9 millions de personnes, 9 millions de réguliers et plus de 3.4 millions de consommateurs à problème ou à risque de dépendance.

Un usage nocif peut entraîner cancers, maladies du foie et du pancréas, troubles cardio-vasculaires, maladies du système nerveux et troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement). En 2009, on estime que 49 000 décès par an sont attribuables à l'alcool.

Le simple usage (non abusif), peut être défini comme une consommation d’alcool qui n’entraîne pas de conséquences sur la santé du consommateur, ni de troubles du comportement ayant des conséquences sur l’entourage.

Il existe des dépendances acquises très tôt, chez des sujets jeunes, qui recherchent l’ivresse et perdent facilement le contrôle de leur consommation. Mais il existe aussi des dépendances installées progressivement, chez des personnes qui boivent régulièrement, avec peu d’épisodes d’ivresse. L’alcoolodépendance, malgré sa fréquence et la gravité de ses conséquences, est trop souvent prise en charge très tardivement, du fait des difficultés des personnes à admettre le problème et à demander de l’aide.

Un verre d’alcool standard, un verre de vin, un petit apéritif ou une bière contiennent tous 10 grammes d’alcool. Il est conseillé de ne pas dépasser 2 verres standard par jour pour les femmes et 3 pour les hommes, avec au moins un jour par semaine sans alcool.

Évaluation de la consommation d’alcool

  • Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolisées?
  • Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation de boissons alcoolisées ?
  • Avez-vous déjà eu l’impression que vous buviez trop ?
  • Avez-vous déjà eu besoin d’alcool dès le matin pour vous sentir en forme ?

Test DETA : une réponse positive à chaque question est le signe d’une consommation à problèmes.

Addiction au tabac

Le tabac contient des alcaloïdes, dont le principal est la nicotine. Il existe en France 38,2 millions d’expérimentateurs et 13 millions de fumeurs dépendants. Un tiers des expérimentateurs deviennent dépendants : pourcentage important, car pour les drogues les plus dures (héroïne ou crack), on estime que 10 à 20 % seulement des expérimentateurs deviendront dépendants. Même si la dépendance physique ne touche que 20 à 30 % des fumeurs, la dépendance psychologique ou comportementale est très importante. En chiffres absolus, le tabac est la substance psychoactive qui entraîne le plus de décès, et il faut ajouter les répercussions sur la grossesse : 20% des avortements spontanés lui sont imputables.

Addiction comportementale

La dépendance au jeu d’argent et de hasard est la principale « addiction sans drogue ». En France, 0,4% de la population correspond au critère de jeu pathologique, auxquels s’ajoutent 0,9% de joueurs à problèmes. Elle est responsable de surendettements, de dépressions, voire d’actes de délinquance. Les plus addictifs sont les jeux à résultat instantané (machines à sous de casinos, Rapido, cartes à gratter et courses par courses sur écran). Comme pour l’alcool, les personnes ont beaucoup de difficultés à parler de leur problème et à demander de l’aide. Dans le cas du jeu, ce phénomène est encore aggravé par l’idée qu’un gain miraculeux suffirait à résoudre tous les problèmes de dettes : les joueurs tentent de « se refaire », et mettent longtemps à comprendre que seul l’arrêt du jeu peut leur permettre d’en sortir.

Traiter les troubles addictifs

Des interventions brèves, des conseils simples peuvent aider la personne à prendre conscience de ses difficultés et à demander de l’aide. La plupart des addictions sont des problématiques au long cours, avec des rechutes. Certaines doivent être prises en charge par des équipes pluridisciplinaires dans des lieux spécialisés (alcoolisme, toxicomanies…). Le traitement présente plusieurs dimensions :

Où s’adresser ?

Pour en savoir plus

Rédaction

Dr Marc Valleur (Psychiatre, Centre Marmottan, GPS Perray-Vaucluse) et Aude Caria, (Psychologue, Psycom). Dernière mise à jour décembre 2016.

(1) Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie (MILDT)

(2) Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT)

(3) Roques B. La dangerosité des drogues. Rapport remis à M. B. Kouchner, Secrétariat d’État à la Santé, 1998.