Comment reconnaître un trouble du comportement répétitif centré sur le corps ?
Lorsqu’on est concerné par un trouble du comportement répétitif centré sur le corps, on cherche à soulager une tension physique ou psychique en réalisant des actions comme s’arracher les poils, les cheveux, les cils ou les sourcils (trichotillomanie), ou encore se gratter la peau (dermatillomanie).
On réalise parfois ces gestes de manière automatique, sans s’en rendre pleinement compte (par exemple en regardant une série). Ils peuvent procurer un soulagement, voire même de la satisfaction, mais sont généralement suivis de sentiments désagréables. On se sent souvent coupable de ne pas avoir réussi à se contrôler et on a honte des marques visibles que le comportement laisse (peau abîmée, trous dans la chevelure).
Ces comportements prennent beaucoup de temps et créent l’évitement de certaines situations où les marques pourraient être aperçues.
Quand j’étais au collège, je passais des nuits entières à m’arracher les cheveux. Cela durait de 22 heures à 4 heures du matin. Je ne pouvais pas m’en empêcher même si c’était douloureux. Aujourd’hui cela va beaucoup mieux, mais quand je suis très anxieuse, il arrive que je reste enfermée plusieurs heures dans la salle de bain à m’arracher les cheveux.
J’en ai eu très honte pendant toute mon adolescence. Cela me gâchait la vie. J’avais des trous dans les cheveux que j’essayais de cacher. J’en ai toujours et cela me gêne. Je ne veux pas que mon mari me voie sans chapeau ou sans perruque. Quand il n’est pas là, je ferme la porte à clef pour ne pas être surprise en train de m’arracher les cheveux si jamais il rentrait plus tôt que prévu. C’est mon quotidien.
Maya, 38 ans.
Quels traitements pour les troubles du comportement centrés sur le corps ?
La thérapie comportementale et cognitive (TCC) est recommandée pour le traitement des troubles du comportement centrés sur le corps. La technique comportementale utilisée consiste à renverser les habitudes. On remplace le geste (arrachage ou grattage) par un comportement qui lui fait concurrence, comme manipuler un objet, serrer le poing ou mettre ses mains sous ses cuisses pendant 15 minutes.
Le recours à la psychoéducation et à la thérapie cognitive permet de prendre conscience de nos comportements. Identifier les situations où le comportement automatique se déclenche et noter, par exemple, le nombre de fois où il se produit, peut aider à réduire sa fréquence.
Ma psychologue m’avait conseillé de compter le nombre de cheveux que je m’arrachais. Cela m’avait permis de réduire le comportement parce qu’une fois que l’on commence à compter, on se rend compte que le chiffre est énorme. On prend vraiment conscience de ce que l’on fait et ça bloque un peu.
Maya
Il peut être utile de porter des gants ou un chapeau pour rendre le geste plus compliqué et avoir davantage conscience du comportement. Ces conseils figurent dans le Manuel de traitement des comportements répétitifs en accès libre, proposé par le CHU de Montpellier pour les patients suivis dans leur service.
La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) peut aussi être utilisée pour apprendre à mieux gérer et tolérer les émotions négatives (stress, ennui, anxiété), souvent à l’origine du comportement.